Bloquée à 265 euros par mois depuis bientôt cinq ans, l'allocation familiale sera à nouveau indexée en janvier 2022. Une bonne nouvelle mais il faut au plus vite revaloriser le montant de 20 euros réagissent les syndicats. Et ils ont des arguments.

C'est évidemment une bonne nouvelle pour les familles qui ont des enfants mais il leur faudra encore patienter avant de voir se concrétiser l'annonce de la ministre de la famille! Corinne Cahen (DP) a en effet annoncé mardi aux députés siégeant en Commission de la Famille qu'elle "allait proposer au Conseil de gouvernement de réindexer les allocations familiales à partir du 1er janvier 2022, mais pas rétroactivement. Les députés sont d'accord", rapporte Max Hahn (DP) le président de la commission.

L'annonce arrive bien avant l'heure de la part du gouvernement Bettel puisqu'il est écrit dans l'accord de coalition que l’indexation des prestations familiales "sans rattrapage" serait bien réintroduite mais seulement "en fin de législature". Donc à l'automne 2023 normalement. Mais dans le contexte qui contraint le gouvernement à trouver une solution pour le versement des allocations aux frontaliers, "c'est un vœu politique", assure Max Hahn.

Pour les syndicats, au contraire, l'annonce arrive bien tard. Le LCGB et l'OGBL, qui demandent depuis belle lurette que le montant des allocations familiales soit à nouveau réadapté au coût de la vie, applaudissent des deux mains. "Mieux vaut tard que jamais! C'est une bonne chose mais ça arrive évidemment trop tard au vu de tout ce qui a été perdu!", lance Nora Back, présidente de l'OGBL.

20€ DE PERTE DEPUIS 2016

Elle rappelle que les prestations familiales sont désindexées depuis 2006 - ce qui leur a fait perdre "un quart de leur valeur" a calculé le LCGB - et qu'elles auraient dû régulièrement être revalorisées depuis l'entrée en vigueur de la réforme des prestations familiales le 1er août 2016.

En novembre 2014 gouvernement et syndicats s'étaient en effet accordés à trouver un mécanisme d’adaptation régulière des prestations familiales qui devait devenir réalité en août 2016. Mais l'accord est resté lettre morte.

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Max Hahn: "Le montant de 265 euros est en discussion et ceux des majorations d'âge seront également réindexés". / © RTL

De sorte que les prestations familiales "ont subi depuis 2016 une perte de 7,7 % soit environ 20 €", posent LCGB et soussigne l'OGBL. Les deux syndicats sont sur la même longueur d'onde et réclament "au plus vite" à une revalorisation du montant des prestations familiales de 265 € à 285 €" ainsi qu'une indexation de toutes les prestations familiales en espèces (allocations familiales, allocation de rentrée scolaire, allocation spéciale supplémentaire et allocation de naissance) et en nature (chèques services).

"LE MONTANT DE 265 EUROS EST EN DISCUSSION"

Depuis le 1er août 2016, l'allocation familiale est de 265 euros par enfant. Somme qui est majorée de 20 euros lorsque l'enfant atteint l'âge de 6 ans et de 50 euros lorsque l'enfant atteint l'âge de 12 ans.

En réalité, les familles qui touchent ces allocations ne les verront pas augmenter de si tôt. Pas avant un an et demi. Puisqu'aux dernières nouvelles du Statec, la prochaine tranche indiciaire ne doit pas intervenir avant juin 2022. Ce qui fait dire à Nora Back que l'annonce de Corinne Cahen est "une annonce en forme de leurre". La prochaine estimation du Statec concernant l'inflation est attendue vers la mi- février.

Et s'il y avait une revalorisation dans les tuyaux déjà ? Ce n'est pas complètement exclu. Tandis que la ministre de la Famille est fort occupée avec l'affaire Semedo en tant que présidente du DP, Max Hahn reprend le flambeau en expliquant que "le montant de 265 euros est en discussion et que ceux des majorations d'âge seront également réindexés". Il répond aux syndicats que "toutes les autres allocations ne font pas partie du package".

La réaction rapide du gouvernement de revaloriser les allocations est d'autant plus cruciale aux yeux du LCGB que "la stagnation du montant lèse particulièrement les familles monoparentales", plus exposées au risque de pauvreté. Et que "le pouvoir d’achat de nombreuses familles a été impacté négativement depuis mars 2020 à cause du recours massif au chômage partiel".