Le diplôme? Les compétences? Les responsabilités? Zoom sur ces facteurs qui font augmenter le salaire des travailleurs au Luxembourg.

C'est le nerf de la guerre. Nous évoquons bien sûr ces quelques chiffres apposés en bas de votre fiche de paie chaque mois.

Alors que le Luxembourg est déjà reconnu comme un des pays d'Europe avec les revenus les plus élevés, le Statec s'est posé cette simple question: qu'est-ce qui justifie un salaire plus élevé? Un diplôme? Des compétences particulières? Des responsabilités importantes? Une longue carrière dans la même entreprise? La taille de la société qui vous embauche?

Selon son étude, publiée ce mercredi 27 janvier, l'effet d'un diplôme supérieur sur le salaire équivaut à une hausse de 24% par rapport à un autre travailleur moins diplômé. Et le titulaire d'un diplôme aura plus de chance de travailler dans une entreprise plus grande, ou dans un secteur plus rémunérateur. Un poste de "supervision" rapporterait environ 30% de plus. Et un CDI, 23% selon l'institut de statistiques.

Surtout, le Statec constate que les salaires vont aussi augmenter naturellement avec... l'âge et l'ancienneté. "L’âge peut être interprété comme un indicateur d’expérience accumulée. Cette expérience est mieux rémunérée lorsqu’elle s’est réalisée au sein de l’entreprise que sur le marché externe du travail." Patience donc, votre fiche de paie devrait tout de même s'étoffer avec le temps.

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DE L'HORECA AUX ACTIVITÉS FINANCIÈRES

Pour ajouter un peu de concret à sa réflexion, le Statec s'est basé sur une comparaison simple mais diablement parlante: comparer les revenus d'un employé du secteur horeca avec ceux d'un employé de la finance. "Ainsi avait-on pu constater par exemple qu’en 2018, le salaire annuel brut moyen d’un salarié dans le secteur de l’horeca était de 33.796€, alors qu’un salarié du secteur des activités financières et d’assurance gagnait en moyenne 99.250€, soit le triple."

Et l'institut détaille les raisons de cet écart, dont le plus évident: le niveau d'études. D'après ses calculs, 74% des salariés du secteur financier ont un diplôme d'études supérieures, contre seulement 9% dans le secteur horeca.

L'écart de salaire moyen varie du simple au triple entre l'horeca et le secteur financier. / © Restaurant by  Louis Hansel / Unsplash

Plus généralement, le type d'activités (intellectuelles ou manuelles), les responsabilités et l'ancienneté du travailleur auront un effet direct sur sa rémunération. Tout comme le secteur de travail et la taille de l'entreprise (les plus grandes payant généralement des salaires plus élevés). "D’autres facteurs peuvent encore jouer, comme le fait de bénéficier d’un contrat à durée indéterminée ou non, de tomber sous l’application d’une convention collective de travail ou non, de travailler à temps complet ou partiel" poursuit le Statec.

Selon l'institut de statistiques, tous ces facteurs mélangés donnent la naissance d'un cocktail unique, propre à chaque travailleur, justifiant sa rémunération.

LES RÉSIDENTS MIEUX PAYÉS QUE LES FRONTALIERS, À JUSTE TITRE...

Globalement, les résidents du Grand-Duché sont mieux rémunérés que les frontaliers. Mais selon le Statec, "ces écarts ne sont pas synonymes de discrimination". Il précise que la différence "résulte en majeure partie du fait que résidents et frontaliers se distinguent également au niveau d’autres caractéristiques comme le niveau d’éducation ou le type de profession exercée". La connaissance des langues, des institutions ou tout simplement un "réseau social" plus développé peuvent aussi expliquer cet avantage des résidents.

Enfin, le Statec constate dans ses calculs que le fait d'être une femme va, à lui seul, être à l'origine d'un salaire plus faible d'environ 13,4%. Mais l'écart réellement constaté entre le salaire des hommes et des femmes est plutôt estimé à 7,4%. C'est le signe que d'autres facteurs viennent contrebalancer en faveur des femmes. Selon le Statec, "elles disposent notamment d’un niveau d’éducation moyen plus élevé et travaillent davantage dans des secteurs et professions mieux rémunérées".

Toujours selon le Statec, qui avait déjà évoqué le sujet il y a quelques semaines, les salaires devraient rebondir en 2021, après le coup d'arrêt imposé par l'épidémie en 2020.