L'eurodéputée libérale luxembourgeoise a annoncé mardi soir qu'elle quittait le DP, après avoir été sanctionnée la semaine dernière pour harcèlement moral. La présidente du parti libéral a réagi ce matin au micro de RTL.

"Le DP voudrait bien récupérer le siège de Monica au Parlement européen" a déclaré la présidente du parti, Corinne Cahen, sur RTL, après l’annonce de la démission de Monica Semedo du DP.

Corinne Cahen a par ailleurs regretté ce choix. Une séparation est toujours un échec. Dans ce cas, Monica Semedo a agi unilatéralement. La ministre a dit respecter cela, tout en pensant que la jeune députée n’a pas saisi la gravité de la décision du Parlement européen. Actuellement cette dernière a seulement renoncé à son affiliation au Parti libéral.

Pour la présidente du parti, il appartient maintenant à Madame Semedo de décider comment elle souhaite poursuivre ses activités au Parlement européen. Pour Corinne Cahen, les choses sont claires. Il serait normal que le DP récupère ce siège, parce que la députée a été élue pour représenter les valeurs du DP au Parlement européen. "Là, elle doit voir si elle est conséquente ou pas", a ajouté la présidente.

Le DP ne dispose toutefois pas de moyens juridiques pour agir. Monica Semedo est formellement en droit de continuer à siéger au Parlement européen en tant que députée indépendante.

Une démission annoncée mardi soir

C'est ce mardi soir, via son compte Facebook, que la députée européenne Monica Semedo a annoncé qu'elle quittait le parti libéral DP. "J'aurais aimé m'exprimer autrement ces derniers jours, mais le DP m'a conseillé de ne pas le faire", explique en luxembourgeois la députée européenne, précisant qu'elle avait accepté cela "pour protéger le parti".

Ce mercredi, un comité des sages du DP devait justement décider si Monica Semedo pourrait garder sa carte de membre du parti. L'eurodéputée a apparemment préférée prendre les devants. D'ailleurs, elle ajoute, toujours sur Facebook, qu'elle reste "prête à comparaître" devant ce comité "s'il le souhaite". Cependant, Monica Semedo n'a pas encore annoncé si elle quitterait ses fonctions de membre du Parlement européen.

Monica Semedo avait été sanctionnée par le président du Parlement européen pour harcèlement moral sur ses assistants. "Une telle pression psychologique au point de pousser ses collaborateurs à la démission est inacceptable" avait déclaré la présidente du DP Corinne Cahen dans un clip vidéo publié lundi après-midi.

Interrogé sur l'affaire en fin de semaine passée, le Premier ministre Xavier Bettel (DP) avait condamné "fermement ce qui s'est passé" en qualifiant les agissements de Monica Semedo de "très grave".

L'affaire a aussi suscité de vives réactions chez un ancien élu DP. "L’affaire Semedo est une honte invraisemblable pour le Luxembourg, l’eurodéputée doit démissionner, il en va de l’Etat de droit!" C’est avec ces mots que l’ex-député et ex-élu local libéral, Jean-Paul Rippinger, avait réagi mardi à l’exclusion temporaire de Monica Semedo pour harcèlement. Membre du DP pendant près de 40 ans et aujourd’hui retiré de la vie politique, l’avocat critique régulièrement la politique menée par les Libéraux. L’avocat condamne la manière dont s’est comportée la députée européenne libérale. Même si Monica Semedo a annoncé depuis sa démission du Parti libéral, il n’est pas certain que ce soit suffisant pour Jean-Paul Rippinger, qui, mardi, demandait plus que son retrait : "Là, je compte sur l’Etat de droit, au moins une enquête préliminaire du parquet, parce qu’une loi a été violée."