Alors que des milliers de manifestants ont défié l'interdiction de se rassembler des autorités russes, 80 personnes ont également participé à leur manière aux protestations au Luxembourg.

Des milliers de manifestants ont défié l'interdiction de se rassembler des autorités samedi après-midi à Moscou ainsi qu'à Saint-Pétersbourg, en soutien à l'opposant russe incarcéré Alexeï Navalny.

"La Russie sera libre", "Poutine est un assassin", scande une foule compacte réunie place Pouchkine, au centre de la capitale russe, à l'appel du détracteur numéro 1 du Kremlin.

Selon un communiqué des forces de l'ordre, quelque 4.000 personnes y étaient rassemblées. L'opposition n'a elle pas annoncé d'estimation.

La police y a procédé à des dizaines d'arrestations, tout en diffusant en boucle un message appelant les participants "à quitter cet évènement illégal", selon les journalistes de l'AFP sur place.

Des manifestants ayant jeté des boules de neige sur des policiers, ont eux essuyé des coups de matraque.

D'autres tenaient dans le calme des pancartes barrés de slogans tels que "Je n'ai pas peur" ou "Non à la dictature".

"Des bandits en uniforme défendent les bandits au pouvoir", s'offusque auprès de l'AFP une retraitée de 71 ans, Vera Spivakova.

A Saint-Pétersbourg, deuxième ville du pays et patrie du président Vladimir Poutine, au moins 2.000 manifestants étaient également réunis dans le centre, reprenant également des slogans anti-Poutine.

Là-bas aussi, les interpellations se comptent par dizaines.

Ailleurs en Russie, en Extrême-Orient, en Sibérie ou encore dans l'Oural,  des manifestations ont réuni suivant les villes des centaines voire des milliers de personnes.

Placé en détention jusqu'au 15 février au moins et visé par plusieurs procédures judiciaires, Alexeï Navalny, 44 ans, a été appréhendé le 17 janvier, dès son retour d'Allemagne, après cinq mois de convalescence suite à un empoisonnement présumé dont il accuse le Kremlin.

Après son incarcération, il a lancé un appel à manifester ce samedi à travers tout le pays et publié dans la foulée une enquête vidéo de deux heures dans laquelle il accuse Vladimir Poutine de s'être fait bâtir pour un milliard d'euros une fastueuse demeure sur une immense propriété sur les rives de la mer Noire.

Elle a été visionnée près de 68 millions de fois depuis mardi.