"Je n'accepte pas ce qui s'est passé. Ceci est très très grave", a expliqué vendredi Xavier Bettel réagissant avec fermeté à la suspension de Monica Semedo pour harcèlement moral. L'eurodéputée est issue des rangs du DP, comme le Premier ministre.

Interrogé sur l'affaire Monica Semedo lors de la présentation des mesures Covid à venir vendredi, le Premier ministre Xavier Bettel a réagi avec une certaine "distanciation" d'abord. En expliquant à plusieurs reprises qu'il n'avait pas lu le rapport d'une centaine de pages qui avait conduit en début de semaine le président du parlement européen à sanctionner l'eurodéputée libérale.

Monica Semedo a été suspendue de ses fonctions pour 15 jours et privée de ses indemnités parlementaires sur la même durée pour harcèlement moral sur ses trois assistants parlementaires. Ils avaient quitté en bloc le bureau de l'eurodéputée l'année dernière.

"Ce n'est pas un délit banal, nous condamnons tous les jours le mobbing au travail. Le harcèlement moral est condamnable", explique le Premier ministre libéral qui n'a pas cherché à minimiser l'affaire et s'est montré de plus en plus tranchant au fil des explications.

"IL N'Y A PAS DE FUMÉE SANS FEU"

"Madame Semedo a dit qu'au début qu'il y a eu des conflits mais si le parlement européen l'a sanctionné et condamné, il doit y avoir une raison. Monsieur Sassoli (président du Parlement) ne prend pas de décision si rien ne se produit. Il n'y a pas de fumée sans feu", a posé Xavier Bettel retrouvant la posture de l'avocat qu'il a été.

L'affaire à ses yeux est plutôt claire: "Elle doit tirer elle-même les leçons" sous-entendu de ses agissements punissables qui ne collent pas du tout avec la ligne défendue par son parti. "Moi-même et mon parti nous condamnons fermement ce qui s'est passé", a enfoncé le clou, Xavier Bettel.

Il a été lui rendre visite "comme cela se fait entre connaissances" et a trouvé une Madame Semedo "terrassée" par ce qui lui arrive. L'occasion pour le Premier ministre de lui dire entre quatre yeux que "ce qui s'est passé ne va pas. Je n'accepte pas ce qui s'est passé. Ceci est très très grave".

Mais Xavier Bettel a aussi rappelé qu' "Elle a prononcé ses excuses. C'est un premier pas qui va dans la bonne direction".