Quels sont les vrais risques de la variante britannique et quelle est sa propagation au Luxembourg ? Le LNS "chasse"-t-il également les variantes sud-africaine et japonaise? Le Dr Tamir Abdelrahman, chef du département microbiologie du LNS, répond sans détour.

Pour éviter la propagation au Luxembourg de la variante britannique du Covid, le Dr Tamir Abdelrahman du Laboratoire national de Santé (LNS) rappelle en premier lieu l'importance d'un "strict respect des mesures sanitaires", et en particulier des consignes "visant à éviter les déplacements et les activités sociales non essentielles".

Combien de cas avérés du variant britannique ont été découverts jusqu’ici au Luxembourg ? 

Pour la période d'échantillonnage allant du 28 décembre au 3 janvier, dix des variantes du SARS-CoV-2 en circulation ont été détectées, confirmant les observations faites les semaines précédentes avec trois variantes principales en circulation. A savoir les lignées B.1.160 (31%), B.1.177 (38%) et B.1.221 (13%).
Trois nouveaux cas de la variante britannique B.1.1.7 ont été détectés, portant à six le nombre total d'échantillons au Luxembourg porteurs de cette variante, le premier ayant été identifié le 31 décembre 2020.

Quel pourcentage des tests positifs séquencés par votre laboratoire cela représente-il ?

Le programme national de surveillance génomique s'est développé au cours des derniers mois avec une couverture moyenne de 10% des cas positifs, avec un total de 3.917 échantillons séquencés à ce jour.

Après la nomination comme laboratoire national de référence pour les infections respiratoires aiguës, nous prévoyons d'étendre la couverture à tous les cas positifs hospitalisés. La capacité de couverture actuelle est parmi les plus élevées d'Europe. Le plan actuel nous permet de détecter toute introduction de nouvelle variante dans le pays.

Le Dr Tamir Abdelrahman est médecin spécialiste en microbiologie et chef du département microbiologie du Laboratoire national de santé. / © LNS

Au vu des premiers éléments, le LNS s’attend-il à une forte progression des cas de la variante britannique ? 

Comme le premier cas date du 31 décembre 2020 et compte tenu de l'évolution au Royaume-Uni (il a fallu deux mois pour que cette variante devienne la plus répandue) nous continuerons à surveiller la prévalence des échantillons totaux séquencés dans les semaines à venir.

Nous sommes toujours en train d'examiner si cette variante a été introduite plus tôt au Luxembourg, ce qui affecterait les estimations de la transmissibilité à l'échelle nationale.

Quel est le vrai risque de cette variante du coronavirus ?

Il n'existe pas de rapports cliniques sur la virulence des nouvelles variantes. Lors de l'étude précédente de la variante D614G identifiée comme apportant un avantage sélectif, par une infectiosité cellulaire accrue, il n'y a eu aucun effet identifiable sur la gravité ou l'issue de l'infection au Luxembourg où 99% des variantes en circulation sont porteurs de cette mutation, il faut donc surveiller la virulence de la nouvelle variante.

Comme nous avons lancé notre programme national de vaccination contre le SARS-CoV-2, il est essentiel de noter qu'aucune donnée phénotypique n'est disponible pour la nouvelle variante. Il n'est donc pas possible de prédire l'effet du vaccin prévu sur cette variante, car des études supplémentaires sur les caractéristiques antigéniques sont nécessaires.

Le LNS cherche-t-il aussi à détecter la variante sud-africaine (E484K) ?

Oui, et même la variante japonaise. Mais pour ces deux variantes aucun cas n'a été repéré jusqu'ici.

Le programme actuel de surveillance génomique recherche activement 13 mutations signalées dans la littérature comme ayant une signification clinique potentielle.

Nous effectuons également un screening des variantes signalées au niveau international et nous n'avons actuellement aucune preuve de l'intrusion de variantes sud-africaines ou japonaises au Luxembourg.