L'homme d'affaires Flavio Becca comparaît depuis mardi devant le tribunal correctionnel de Luxembourg pour abus de biens sociaux et détournement de fonds.

Jeudi matin, Flavio Becca a déclaré devant les juges qu'il disposait d'un inventaire de toutes les montres, mais que la police ne l'avait jamais interrogé là-dessus ensuite. Au troisième jour de son procès pour abus de biens sociaux, la parole était à l'accusé. Il est reproché au promoteur immobilier d'avoir utilisé, entre 2004 et 2011, ses entreprises pour acheter des articles de luxe, à savoir près de 900 montres d'une valeur globale d'environ 18 millions d'euros, pour son usage privé.

Selon l'accusé, les montres avaient été achetées à titre d'investissement. Sa famille et lui préféraient investir dans des choses "que l'on peut toucher", a déclaré Flavio Becca jeudi matin.

L'homme d'affaires a contesté la description de la police du désordre qui aurait régné dans le coffre-fort à son domicile et il a apporté une photo qui le prouverait. Les montres auraient été rangées dans des tiroirs, tandis que les certificats et les garanties auraient été stockés séparément, pour des raisons de sécurité. Il était évident que les policiers ne disposaient pas des mêmes connaissances que lui, mais il aurait pu dire à tout moment de quelle montre il s'agissait, d'après Flavio Becca.

Les enquêteurs de la police judiciaire avaient déclaré devant la Cour qu'il avait été très difficile de retracer la date et le lieu d'achat de chaque montre.

Maître Rosario Grasso, l'avocat d'Eric Lux, ex-associé de Flavio Becca, a également pris la parole jeudi pour demander une indemnisation symbolique de plusieurs milliers d'euros pour son client. Flavio Becca et Eric Lux sont impliqués depuis des années dans un conflit juridique à propos de leur fonds d'investissement commun.

Le procès se poursuivra mardi prochain.