Une loi Covid spécifique pour le monde du travail, augmenter les allocations familiales, un nouveau plan hospitalier... Trois revendications fortes réclamées ce mercredi par la présidente de la Chambre des salariés et de l'OGBL, Nora Back.

Après dix mois de crise liée au coronavirus, la représentante de tous les salariés résidents et frontaliers regrette qu' "il n'y a toujours pas de plan sanitaire concret sur la table", que le gouvernement ne réfléchit toujours pas à long terme mais agit par à-coups et qu'"il n'y a pas de débat" avec les partenaires sociaux à propos de mesures qui impactent lourdement notre quotidien.

Comme dans son récent avis très critique à l'égard de l'absence de justifications des nouvelles restrictions prises par le gouvernement et votées de justesse vendredi, la présidente de Chambre des salariés a réclamé ce mercredi au micro de RTL Radio "des mesures valables sur le long terme et une gestion de crise à long terme et non des mesures à court terme qui restreignent nos libertés".

Pour que l'acceptation des mesures fonctionne au sein de la société luxembourgeoise "nous devons comprendre de quelle manière ces mesures sont prises, où se sont produites les infections, comment elle se développent... pour pouvoir retracer ce qui se passe", estime Nora Back. Sa recette: des mesures discutées et des sources chiffrées plus transparentes.

VIRUS DANS LA VIE PRIVÉE ET AU BOULOT : "C'EST CONTRADICTOIRE"

"Dans la sphère privée nous sommes tous extrêmement restreints et nous sommes sanctionnés si nous ne nous tenons pas aux règles et nous savons ce que nous pouvons faire ou pas. Mais c'est moins clair pour la sphère professionnelle pour laquelle il n' y a pas de contraintes mais juste des recommandations aux employeurs. C'est contradictoire", souligne la patronne du plus grand syndicat du pays.

Elle est d'avis qu'"il faut en faire autant sur le lieu de travail que dans la vie privée pour que la sécurité et la santé des gens soient garanties". Son message: "Cessons de diaboliser la sphère privée pour dire que c'est là que ça se passe et de dire mais vous pouvez tous aller travailler, car là ce n'est pas si important".

Aussi réclame-t-elle "une loi Covid spécifique pour le monde du travail" et que les délégués à la sécurité aient un rôle à jouer dans l'élaboration d'un plan sanitaire dans l'entreprise.

UN NOUVEAU PLAN HOSPITALIER EST URGENT

Soulignant toute l'importance d'agir dans le secteur de la Santé que connaît très bien Nora Back, elle est claire: les mesures drastiques liées à la crise sanitaire sont liées "au fait que nous n'avons pas suffisamment investis par le passé dans ce secteur", les gouvernement successifs préférant "mener une politique d'austérité".

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Nora Back réclame "et c'est plus qu'urgent d'établir, un nouveau plan hospitalier avec plus de lits, plus de ressources, plus  de personnel" et elle n'oublie pas l'importance de "rendre plus attractif les métiers de la santé". Même si "tard vaut mieux que jamais", ce qui est positif à ses yeux est que la réforme de la formation ses métiers de la santé "ait été déclarée comme l'affaire du Premier ministre".

AUGMENTER A NOUVEAU LES ALLOCATIONS FAMILIALES

"Cette crise aura énormément de répercussions et nous avons toujours dit que cette crise sanitaire engendrera une crise économique (...) et nous devons éviter que celle-ci ne se transforme en une profonde crise sociale", prévient Nora Back. Elle plaide pour que "dès à présent il importe de sécurisé les emplois et l'existence des gens (...) et, c'est important, que les inégalités ne continuent pas de croître au Luxembourg où elles étaient déjà importantes avant la crise Covid", rappelle Nora Back.

Pour la présidente de l'OGBL il est aussi grand temps de procéder à une "réforme des impôts plus juste socialement" et "en aucun cas continuer de faire porter le fardeau aux ménages".

Elle préconise d'agir pour élever le pouvoir d'achat des ménages mais aussi d'"augmenter les allocations familiales qui sont désindexées depuis 2006 et perdent constamment en valeur". Elle rappelle la promesse allant dans ce sens du gouvernement mais "ça ne va pas assez vite ni assez vigoureusement".

Pas plus tard que mardi, le débat sur la proposition de loi du député Marc Spautz (CSV) portant justement sur la réintroduction du système d'indexation automatique des allocations familiale et d'une nouvelle allocation complémentaire pour famille nombreuse (à partir de 3 enfants) a été reporté d'une semaine au sein de la Commission parlementaire dédiée à la Famille.