Officiellement, l'Autofestival démarrera le 25 janvier et durera quinze jours au lieu de dix. Mais les conditions du festival sont valables dès ce lundi. Sur les 150 modèles présentés, plus de 50 sont électrifiés.

Pas de doute, le covid et ses mesures restrictives ont eu un impact significatif sur le secteur automobile luxembourgeois en 2020. Les immatriculations de voitures neuves ont baissé 17,9% en un an. Et "il faut remonter 18 ans en arrière pour retrouver de tels chiffres", a annoncé Philippe Mersch, le président de la Fédération des distributeurs automobiles et de la mobilité (Fédamo), en présentant la 57e édition de l'Autofestival.

Deux chiffres chocs à relativiser toutefois puisque le Luxembourg vient d'aligner quatre années consécutives de records d'immatriculations. Alors que le marché vendait grosso modo un peu moins de 50.000 voitures neuves par an depuis 2010, il s'en est écoulé 55.008 en 2019, année record absolue. Concessionnaires et garagistes ont vendu 45.189 voitures neuves en 2020.

© SNCA

Alors que bars et restaurants restent contraints à la fermeture avec l'entrée en vigueur de la nouvelle loi covid ce 11 janvier, les showrooms respirent à nouveau. Fermés une deuxième fois le 26 décembre, les 170 showrooms que compte le Luxembourg sont à nouveau ouverts au grand public depuis ce lundi matin.

Mais pas besoin d'attendre le 25 janvier, jour du lancement de l'Autofestival, car "les meilleures conditions sont valables à partir d'aujourd'hui", assure Philippe Mersch.

CINQ JOURS PLUS TÔT

Officiellement l'Autofestival démarrera le lundi 25 janvier et durera jusqu'au lundi 8 février. "Il est avancé de cinq jours cette année pour combiner l'afflux des clients avec les mesures sanitaires", explique le patron de la Fédamo. Du coup l'événement durera 15 jours au lieu de 10 habituellement. En ce début 2021 et de pandémie Covid qui continue de sévir au Grand-Duché, l'Autofestival n'aura rien d'une grande fête, mais sera entièrement placé sous "la responsabilité collective sanitaire".

Les 88 concessionnaires affiliés à la Fédamo ont d'ailleurs signé une charte de respect des mesures sanitaires (port du masque et désinfection des mains obligatoires, un client pour 10 m2, 2 mètres de distanciation minimum, etc.).
 
Pour préparer leurs rendez-vous dans les meilleures conditions, la Fédamo conseille aux futurs visiteurs de contacter à l'avance les concessions. Nombre de ventes se sont d'ailleurs réalisées à distance tout au long de l'année 2020 mais toute signature de contrat de vente requiert le passage du client dans les locaux.

Philippe Mersch: "L'Autofestival reste la vitrine du secteur automobile au Luxembourg et un indicateur de la volonté à acheter des consommateurs". / © Maurice Fick / RTL

Le fait que le coronavirus ait boosté "la mobilité individuelle pour les déplacements quotidiens et les départs en vacances" est considéré comme "la" bonne nouvelle de l'année pour le patron des vendeurs de véhicules. Mais il sait aussi que l'Autofestival "est 'le' moment de vérité" pour le secteur automobile.

Une partie de la réponse, comme l'ont montré les chiffres dévoilés par Manuel Ruggiu, le directeur des opérations de la Société nationale de circulation automobile, se trouve assurément du côté de la voiture électrique et des motorisations plug-in hybrides qui avaient le vent en poupe durant toute la crise du Covid. "Pas besoin d'être devin pour le dire, 2021 sera l'année électrique", affiche Manuel Ruggiu.

LES VOITURES ÉLECTRIQUES TURBINENT

En 2020, l'augmentation des modèles électrifiés a été sans équivoque: dorénavant une voiture sur cinq qui arrive sur les routes luxembourgeoises dispose d'une motorisation complètement ou partiellement électrique.

Boostées par la prime de 8.000 euros de l'État et par une autonomie qui n'est plus l'apanage des seules Tesla ou Toyota, les voitures full-électriques sont de plus en plus choisies par les consommateurs luxembourgeois et frontaliers comme le montrent les immatriculations. De 986 véhicules en 2019, les ventes sont passées à 2.473 unités en 2020. Soit un bond de 5,48%. C'est beaucoup.

Pour les hybrides non rechargeables, l’évolution est encore plus nette: 3.797 immatriculations en 2020 contre 2.245 unités en 2019. Soit un plus de 69%. Les plug-in hybrides ont quasiment triplé en volume, passant de 913 voitures vendues en 2019 à 2.685 immatriculations en 2020. Ce qui fait un bond fulgurant de 194% sur un an.

Bref, les ventes de motorisations hybrides ont le vent en poupe est représentent 14,3% de toutes le voitures neuves vendues en 2020. Elles ne représentaient encore que 5,7% des immatriculations en 2019.

Une tendance qui s'accélèrera cette année d'après les acteurs du secteur ne serait que parce que les constructeurs ont mis sur le marché une panoplie de nouveaux modèles. Sur 160 modèles exposés, plus de 50 seront électrifiés. Mais aussi parce que la prime de l'Etat reste valable jusque fin mars. Pour l'instant.