Le texte de loi regroupant les nouvelles restrictions en vigueur dès lundi minuit a été soumis au vote des députés ce vendredi.

Un couvre-feu qui débute à 23h et non plus 21h, la réouverture des commerces non essentiels avec des limitations strictes (un client pour 10 m2 de surface de vente), des assouplissements pour la pratique du sport (réouverture des piscines et reprise des compétitions), un déconfinement pour faire revivre la culture (réouverture des cinémas et théâtres) et la reprise des cours pour tous les élèves.

Pour que la nouvelle loi Covid puisse paraître au Journal officiel dès dimanche et devenir la règle lundi 11 janvier, elle a été soumise au vote des députés à partir de 14h ce vendredi. Les membres de l'opposition ont fortement critiqué ce texte de loi, défendu par la majorité.

Finalement, peu après 17 heures, le résultat est tombé: les nouvelles mesures seront d'application au Luxembourg lundi à partir de minuit.

La loi Covid réadaptée pour la énième fois et pour 21 jours cette fois (les mesures seront valables jusqu'au 31 janvier), c'est tout ça mais c'est aussi le maintien de la fermeture des restaurants, des restaurants d'hôtels et des cafés. Dès les annonces gouvernementales le secteur Horeca a crié au scandale cette semaine.

LA QUESTION DES RESTAURATEURS ET CAFETIERS

La  Fédération nationale des hôteliers, restaurateurs et cafetiers (Horesca) s'en est pris aux justifications de la ministre de la Santé Paulette Lenert (LSAP), présentant les bars et les restaurants comme des lieux où le danger de voir le virus circuler est le plus grand. "Aucun chiffre laissant présumer une telle déclaration ne nous a été présenté à ce jour. Nous sommes tous conscients du danger de ce virus et du fait que la santé publique prime, mais ce n’est pas notre secteur qui est la source de ce fléau", s'est défendu l'Horesca.

C'est un des problèmes soulevé par Martine Hansen, cheffe parlementaire du CSV, principal parti de l'opposition, au micro de RTL Radio mercredi avant de conclure: L'"Horesca a tiré la mauvaise carte". Martine Hansen s'est montrée "extrêmement critique" à l'égard du texte, estimant que rouvrir les commerces maintenant "est un mauvais signal" et que les écoles et les lycées devraient rester fermées "au moins une semaine de plus" soit jusqu'au 18 janvier.

© RTL

PAS LE TEMPS D'ÉVALUER LES EFFETS DES MESURES EN PLACE

D'autres interrogations restent en suspens. Pas plus tard que jeudi, la Commission consultative des droits de l'homme (CCDH), s'est dit surprise que le gouvernement lève les restrictions plus strictes de confinement après seulement dix jours. Pas suffisant à ses yeux pour évaluer l'efficacité des mesures prises juste avant Noël!

Dans une récente note du ministère de la Santé, il apparaît que la situation épidémiologique n'autorise pas des mesures moins strictes. Inquiets de la situation dans les hôpitaux luxembourgeois, Les auteurs relèvent que l'incidence des infections est élevée et qu'un nombre de moins de 150 nouvelles infections par jour, est visé. Selon l'Union européenne, il faudrait jusqu'à 40 jours pour que des restrictions produisent un effet sur la trajectoire de la pandémie.

Les choix du gouvernement Bettel ont par ailleurs été vivement critiqué jeudi par le ministre-président sarrois, Tobias Hans, qui n'a pas hésité à qualifier d' "irresponsable" l'assouplissement des mesures dévoilées mardi par Xavier Bettel et Paulette Lenert mardi.