Rouvrir les commerces maintenant "est un mauvais signal". Les écoles devraient rester fermées "au moins une semaine de plus". Les restaurateurs ont "tiré la mauvaise carte". La cheffe du principal parti d'opposition au parlement réagit.

Les députés retourneront au charbon dans les jours qui viennent pour débattre de la nouvelle loi Covid valable jusqu'à fin janvier et dont les nouvelles restrictions ont été dévoilées mardi par Xavier Bettel et Paulette Lenert.

Principal parti de l'opposition, le CSV attend l'avis du Conseil d'Etat avant de se prononcer pour ou contre. Mais d'ores et déjà, sa cheffe de file parlementaire, Martine Hansen, s'est montrée "extrêmement critique" à l'égard du texte lors de son interview ce mercredi matin au micro de RTL Radio.

"Imprudentes, c'est le moins que l'on puisse dire", a d'emblée caractérisé Martine Hansen les annonces gouvernementales, reprenant l'adjectif soufflé la veille par son collègue de parti Claude Wiseler.

Les chiffres ont baissé mais "il faut relativiser car il y a eu moins de tests ces dernières semaines. Nous ne connaissons pas encore les effets des fêtes de fin d'années, ni des retours de vacances et nous sommes confrontés à une nouvelle variante du virus à laquelle réagissent avec beaucoup d'acuité tous les pays autour de nous. L'Allemagne confine davantage, nous faisons le contraire. Et dans un rapport d'experts du ministère de la Santé est écrit qu'au vu de la situation actuelle, il ne faut en aucun cas moins de restrictions mais faire le contraire. Et le gouvernement fait le contraire de ce que disent ses experts. C'est pour le moins imprudent", explique Martine Hansen.

ROUVRIR LES COMMERCES EST "UN MAUVAIS SIGNAL"

Elle "ne comprend absolument pas le gouvernement" et ne lit "aucune stratégie à long terme" que le CSV "demande depuis longtemps". Mais qu'aurait fait le CSV ? "Nous aurions été plus stricte déjà beaucoup plus tôt en octobre", répond Martine Hansen.

Concrètement, elle aurait laissé "les écoles fermées au moins une semaine de plus" pour mieux jauger les répercussions post-trêve de fin d'année. Dire aux commerces de rouvrir maintenant "est un mauvais signal" et  "les soldes (du 20 janvier au 2 février) qui impliqueront sans doute de nouvelles ouvertures dominicales, ça ne va pas", s'insurge députée du nord.

La cheffe de fraction du CSV comprend que restaurateurs et cafetiers soient scandalisés et estime que l' "Horesca a tiré la mauvaise carte". Et mets le doigt sur le fait qu'aucune analyse réelle n'a été faite jusqu'ici du rôle que jouent restaurants et cafés dans les infections. Dans ce cas également, "il manque une stratégie à long terme avec des critères clairs" et le secteur Horeca "qui a besoin d'une perspective claire" n'a pas d'autre optique que de laisser les rideaux baissés jusqu'au 31 janvier.

VACCINS ET STRATÉGIE FONT DÉFAUT

Si elle approuve la stratégie commune d'achat de vaccins de l'Union européenne, Martine Hansen est par contre d'avis que "L'UE aurait dû acheter davantage de vaccins". Mais Au niveau national, "nous aurions dû parallèlement négocier avec les groupes pharmaceutiques", ce qui "aurait été possible quand les négociations avec l'UE étaient abouties", selon Martine Hansen. Le CSV a pour l'heure demandé en vain au gouvernement s'il avait acheté ou essayé d'acquérir des vaccins.

Le CSV réclame une stratégie nationale de vaccination avec une feuille de route plus transparente avec une "catégorisation claire" des publics concernés et une définition précise des "personnes vulnérables".