Si le gouvernement luxembourgeois a annoncé un assouplissement des restrictions mardi, les bars et les restaurants restent fermés, ce qui scandalise l'Horesca.

"Le secteur Horeca reste fermé et est le grand perdant de cette crise". Il n'a pas fallu longtemps à la Fédération Nationale des Hôteliers, Restaurateurs et Cafetiers du Luxembourg pour réagir, suite aux annonces du gouvernement, hier. "On nous demande d’être solidaire, mais qui est solidaire avec nous? Le commerce entier a pu profiter des fêtes de fin d’année pour faire des réserves qui leur permettent de réduire leurs dettes. Mais pas le secteur Horeca."

Dès lundi prochain, les commerces, les cinémas et les théâtres vont pouvoir rouvrir leurs portes, le couvre-feu passera de 21h à 23h et les écoles et lycées accueilleront à nouveau leurs élèves.

Une situation plutôt inédite en Europe à l'heure où nombreux sont les pays à durcir leurs mesures sanitaires, même si Paulette Lenert, la ministre de la Santé, affirme qu'il ne s'agit pas d'un "allègement des mesures". Une chose est certaine: ça n'en est pas un pour les restaurants et les bars du pays qui, eux, désespèrent de voir leurs portes closes, cette fois au moins jusqu'à la fin du mois de janvier, alors qu'ils espéraient pouvoir reprendre une activité dès la semaine prochaine.

Dans un communiqué, l'Horesca dénonce la décision du gouvernement, jugée "inadmissible" et se montre pessimiste quant à une ouverture prochaine. "Nous subissons les conséquences du comportement de certains concitoyens" écrit l'Horesca, qui estime que les terrasses des restaurants auraient pu "au moins rouvrir" puisqu'il "n’est pas interdit de boire et manger sur la voie publique".

La Fédération s'en prend aux justifications de Paulette Lenert, qui considère les bars et les restaurants comme des lieux où le danger de voir le virus circuler est le plus grand. "Aucun chiffre laissant présumer une telle déclaration ne nous a été présenté à ce jour. Nous sommes tous conscients du danger de ce virus et du fait que la santé publique prime, mais ce n’est pas notre secteur qui est la source de ce fléau" rétorque l'Horesca. "Selon le Premier Ministre, ce sont les contaminations dans le domaine privé qui sont plutôt la source des infections. Nous demandons à Madame la Ministre de nous fournir les chiffres sur lesquelles elle se base (...) Nous avons tous investi pour garantir la sécurité des clients et de nos collaborateurs, mais cela n’est pas approuvé à sa juste valeur, malgré notre label "safe to serve" approuvé par le Ministère de la santé."

L'Horesca souligne encore les intentions du gouvernement, qui avait laissé entendre que tout le secteur pourrait rouvrir lorsque le nombre de nouvelles infections quotidiennes passera sous la barre des 500. Depuis la fin de l'année 2020, ce chiffre est passé sous la barre des 200. "Ce changement de position est incompréhensible à nos yeux" souligne la Fédération qui insiste sur l'état d'urgence dans lequel se trouvent de nombreux établissements du pays et demande "une aide d’urgence pour tous les indépendants" et "que 100% de nos frais soient pris en compte par le gouvernement." "Nombreux sont ceux qui depuis 6 mois n’ont plus de moyens et dont l’existence de l’entreprise et des familles entières est en péril, non seulement financièrement mais aussi au niveau mental. Nous sommes dans une situation désastreuse indépendante de notre volonté."

LE COMMUNIQUÉ DE L'HORESCA

Tous les secteurs de l’économie sont rouverts, les cinémas et théâtres même les activités sportives sont à nouveau autorisées, mais le secteur Horeca reste fermé et est le grand perdant de cette crise. A nos yeux les décisions prises ne vont pas contribuer à une ouverture sous peu de notre secteur. Pour notre secteur on aurait au moins pu rouvrir les terrasses, comme il n’est pas interdit de boire et manger sur la voie publique. Notre secteur est pénalisé et suite aux explications de la conférence de presse d’aujourd’hui, nous concluons que nous subissons les conséquences du comportement de certains concitoyens.

Selon les déclarations de Madame la Ministre de la Santé notre secteur représenterait un danger majeur pour la propagation du corona virus. Ceci est inadmissible ! Aucun chiffre laissant présumer une telle déclaration ne nous a été présenté à ce jour. Selon le Premier Ministre ce sont les contaminations dans le domaine privé qui sont plutôt la source des infections. Nous demandons à Madame la Ministre de nous fournir les chiffres sur lesquelles l’on se base. Nous nous posons la question sur les chiffres avancés des nouvelles infections d’il y a quelques semaines, de 500 nouvelles infections conditionnant la réouverture totale des secteurs, alors que maintenant l’on avance le chiffre de moins de 200 nouvelles infections. Ce changement de position est incompréhensible à nos yeux.

Nous regrettons que le taux de mortalité ait augmenté en 2020, mais donnons à réfléchir que les tests rapides auraient certainement pu contribuer à réduire le nombre d’infections. Nous sommes tous conscients du danger de ce virus et que la santé publique prime, mais ce n’est pas notre secteur qui est la source de ce fléau. Nous saluons les nouvelles aides mis en place par le gouvernement, cependant ces aides ne contribuent que partiellement au payement des frais de l’entreprise. C’est pour cette raison que nous demandons une aide d’urgence pour tous les indépendants. Nombreux sont ceux qui depuis 6 mois n’ont plus de moyens et dont l’existence de l’entreprise et des familles entières est en péril, non seulement financièrement mais aussi au niveau mental.

Nous sommes dans une situation désastreuse indépendante de notre volonté, nos entreprises sont par décisions administrative fermées plus de 125 jours et on nous prive de notre droit d’exercer ce qui revient à une expropriation de nos biens. Selon l’article 16 de la constitution, nul ne peut être privé de sa propriété, que pour cause d’utilité publique et moyennant juste indemnité, dans les cas et de la manière établis par la loi. Nous demandons que 100% de nos frais soient pris en compte par le gouvernement. Nous demandons en outre une procédure de remboursement accélérée sous 5 jours ouvrables pour le chômage partiel dès que la déclaration du décompte est faite. Les formulaires des demandes doivent être en ligne dès le premier jour du mois. Le formulaire actuel n’est en ligne que depuis quelques heures. De nombreuses entreprises ont avancé plus de deux mois de masses salariales et n’ont plus de liquidités pour remplir leurs obligations. Si nous voulons éviter une vague de licenciements il faut accélérer les procédures.

On nous demande d’être solidaire, mais qui est solidaire avec nous. Le commerce entier a pu profiter des fêtes de fin d’année pour faire des réserves qui leur permettent de réduire leurs dettes. Mais pas le secteur Horeca. Les entraves dans les mécanismes d’aides en faveur de notre secteur doivent être revus et adapté à la situation réelle sur le terrain si nous voulons éviter une vague de fermetures d’entreprises. Le secteur Horeca sait que nous sommes tous une part de la solution, mais nous nous demandons si nous sommes le secteur oublié par le gouvernement. Nous avons tous mis en place et investi pour garantir la sécurité des clients et de nos collaborateurs, mais cela n’est pas approuvé à sa juste valeur, malgré notre label « safe to serve » approuvé par le Ministère de la santé. Nous ne demandons pas de aumônes, mais ce qui nous revient de droit. La volonté du secteur n’est pas de vivre des subventions mais du fruit de son travail.