L'épidémie de coronavirus n'a pas facilité la vie des résidents du Luxembourg. Échange avec la Ligue luxembourgeoise d'hygiène mentale pour évoquer cette période dont on ne voit pas le bout.

Un confinement, un relâchement durant l'été, de nouvelles restrictions... Dans cet incessant va-et-vient de mesures sanitaires, nous ne sommes pas tous égaux. Certains s'en sont bien tirés, d'autres ont peiné à surmonter cette épreuve.

La Ligue luxembourgeoise d'hygiène mentale - qui assure une mission de consultation pour des personnes souffrant de troubles psychiques, de la thérapie pour les couples, propose des logements thérapeutiques et un service de jour - constate que plusieurs phases successives ont rythmé l'année. "Au premier confinement, au printemps, on a fermé nos activités sur place" nous explique Vincent Navet, psychologue. "Le suivi des patients s'est poursuivi à distance."

Paradoxalement, le confinement a permis à certains des patients de relâcher la pression. "On était même étonnés que certaines personnes suivies aient trouvé les ressources nécessaires pour faire face. C'était plus facile pour ceux qui sont mal à l'aise en ayant beaucoup de contacts sociaux et qui ont été priés de rester chez eux, dans un environnement plus sécurisant." Ce fut aussi le cas pour des couples qui ont pu "passer plus de temps ensemble et ont connu un apaisement dans leur milieu professionnel ou ont dû faire face à moins de situations stressantes au quotidien", détaille le psychologue.

Ce côté positif du confinement, déjà évoqué sur notre site cet été, n'est évidemment pas partagé par tout le monde. "Le déconfinement a été plus dur pour ceux qui ont bien supporté le confinement." 

À lire également - De "j'en ai profité un max" à "je vais tout perdre", vos témoignages après le premier confinement

TOUT LE MONDE PEUT ÊTRE CONCERNÉ

Selon Vincent Navet, un quart des personnes est aujourd'hui susceptible de faire face à des troubles psychologiques à un moment donné de sa vie. Et justement, la situation sanitaire est "source de stress et peut réveiller des faiblesses qu'on peut avoir". Stress qu'il a notamment été difficile d'évacuer durant les confinements successifs puisque de nombreuses activités sportives ou culturelles étaient réduites voire impossibles. Des limites plus difficiles à gérer pour les citadins, qui peuvent se sentir à l'étroit en ville. Sans parler de la limitation des contacts, qui a pu donner un sentiment de solitude à de nombreux résidents.

Vincent Navet constate aujourd'hui que les délais d'attente pour une consultation au sein de la Ligue se sont allongés depuis la rentrée de septembre. "Il faut environ trois mois aujourd'hui, contre plutôt deux en septembre." Hors, avec la crise, la Ligue a aujourd'hui davantage de demandes pour des troubles anxieux ou des consultations de personnes avec des troubles obsessionnels compulsifs (les fameux TOC) comme un besoin exacerbé de propreté, par exemple.

Maintenant que la Ligue fonctionne à nouveau en service complet, elle espère ne pas assister à une nouvelle recrudescence de l'épidémie, synonyme de nouvel allègement de ses services. "Même si nous avons adapté nos activités et réduit la taille de certains groupes, on ne peut pas faire de télétravail, le confinement n'est pas adapté pour nous et les personnes suivies." À court terme, la situation est heureusement encourageante puisque le gouvernement a annoncé mardi la levée d'une partie du confinement renforcé.

Info pratique: la Ligue luxembourgeoise d'hygiène mentale est joignable par téléphone ou directement sur son site web, où une liste de ses activités et services est disponible. Des informations utiles sont également publiées ici par le ministère de la Santé.