Lundi à Bruxelles, les ambassadeurs des Vingt-Sept auprès de l'Union européenne ont donné leur aval à l'unanimité à l'application provisoire de l'accord sur le Brexit dès le 1er janvier.

Un accord est finalement tombé le 24 décembre sur la régulation des futures relations économiques entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.

L'accord de près de 1.300 pages est certes écrit, mais il faudra voir comment certaines dispositions seront interprétées dans la pratique. En 2019, le Royaume-Uni était le sixième partenaire commercial du Grand-Duché, avec des exportations de marchandises à hauteur de plus de 500 millions d'euros et le huitième partenaire au niveau des importations à hauteur de 417 millions d'euros.

Le 1er janvier, le Royaume-Uni quittera le marché intérieur et l'Union douanière de l'Union européenne, marqués par des standards et des règles clairs. Cela aura pour résultat que Londres ne pourra plus profiter du principe de la libre circulation des biens et des personnes, explique Christophe Brighi. Ce dernier travaille depuis un mois pour la Chambre de Commerce et dès le 1er janvier, il interviendra en tant qu'attaché économique et commercial pour l'Ambassade du Luxembourg à Londres.

„Même avec le nouvel accord, sur place, nos entreprises seront confrontées à de nouvelles barrières commerciales, ce qui va conduire à des adaptations et forcément à des coûts. Les contrôles douaniers et les contrôles de régulation dans le commerce avec l'île, entreront toujours en vigueur le 1er janvier, bien que nous ayons trouvé un accord avec zéro tarif et zéro quota sur les marchandises."

Evidemment, tout n'est pas parfait, mais sans accord, les tarifs de l'Organisation mondiale du commerce, auraient été appliqués.

„Ce qui aurait pu amener à ce que des produits comme la viande et le lait soient touchés par des tarifs de 50% et les voitures de 10% dans les échanges bilatéraux. En plus de zéro tarif dans les échanges de marchandises, l'accord limite aussi les frais que les douanes peuvent demander pour leurs services."

Les entreprises luxembourgeoises spécialisées dans l'exportation et la logistique pourraient toutefois connaître prochainement plus de difficultés, parce qu'elles devront faire face à de nouvelles démarches aux frontières.

„Du côté britannique, ces informations sont arrivées très tardivement et sont pour l'instant encore très imprécises. Ce qui signifie que jusqu'à cette semaine, il a régné une grande incertitude sur ce qu'impliqueraient précisément ces nouvelles procédures aux frontières. Et cela entraîne évidemment que les entreprises sont soumises à une énorme surcharge pour se pencher sur les procédures."

En ce qui concerne les prestations de services financiers, le Royaume-Uni était l'an dernier le premier partenaire du Grand-Duché tant à l'importation qu'à l'exportation. Là aussi, il va y avoir des changements, notamment en ce qui concerne le flux et la coopération entre le Royaume-Uni et le Luxembourg, explique encore Christophe Brighi.

L'exemple concret d'un magasin de la route d'Arlon à Luxembourg

Cela fait trois ans déjà que John Heffernan est le propriétaire d'un commerce, qui vit de l'importation et de la vente de produits britanniques. L'aval de l'Union européenne pour l'accord post-Brexit a apporté un grand soulagement, après des mois d'incertitudes. Mais dans tout ce chaos, de nombreux détails importants restent en suspens.

Le reportage en langue luxembourgeoise: