Comment les ministres analysent-ils cette année de crise 2020? François Bausch, Vice-Premier ministre, ministre de La Défense et ministre de la Mobilité et des Travaux publics nous donne son analyse sur ce qui a fonctionné et ce qui n'a pas fonctionné ces derniers mois.

Le ministre qui compte, parmi ses nombreuses responsabilités, celle de faire avancer le pays sur la voie d'une mobilité plus efficace et plus douce, nous a récemment accordé une interview lors de laquelle il s'est penché aussi bien sur les aspects positifs que les aspects négatifs de la crise sanitaire que nous traversons depuis maintenant plus de dix mois.

L'occasion pour François Bausch d'évoquer des problématiques telles que la coopération européenne qui a été sous le feu des critiques pendant cette période de troubles. Et pour le ministre, le constat est sans appel: "L'Europe n'a pas fonctionné."

Il affirme que les décideurs politiques n'ont "jamais réussi à s'asseoir autour de la table pour discuter sereinement d'une manière de combattre ensemble cette crise". Il évoque notamment la décision de certains pays de fermer leurs frontières et dénonce le phénomène de "culpabilisation" qui a mené certains États à en pointer d'autres du doigt pour leur taux de positivité élevé à un moment donné de la crise. Dans ce contexte, le ministre ne mâche pas ses mots: "Pour moi, c'était un désastre."

Quand on l'interroge au sujet de la gestion luxembourgeoise de cette pandémie, il fait clairement la distinction entre les débuts et ce qui est venu ensuite. François Bausch considère que le Grand-Duché a bien fait de "réagir vite" mais déplore le manque d'un "plan B". "Pour moi, le rôle d'un politicien c'est d'éviter les crises et non pas de les gérer" souligne-t-il.

Mais le Vice-Premier ministre ne veut pas que l'on se fasse de fausses idées quant à ses intentions au moment de faire ces déclarations: "Je ne dis pas ça pour critiquer qui que ce soit mais je pense qu'il va falloir tirer un bilan détaillé à la fin de cette crise."

François Bausch revient sur les restrictions mises en place "par la force des choses" au Grand-Duché. Il fait référence au confinement et à "la suppression assez substantielle des libertés individuelles" des résidents du pays. Des initiatives qui, à ses yeux, vont à l'encontre des valeurs de la démocratie et auxquelles le gouvernement ne doit donc pas avoir recours de manière "naturelle" à l'avenir.

L'homme politique plaide pour une remise en question et affirme qu'au vu des circonstances, les ministres "doivent être ouverts à la critique". Il profite de l'occasion pour rappeler que derrière la pandémie se cache une autre crise qui ne pourra pas être évitée: la crise climatique. Une problématique à laquelle les décideurs luxembourgeois seront confrontés qu'ils le veuillent ou non à la sortie de cet épisode historique du XXIe siècle.

Mais au delà de ces observations, M. Bausch lance un message d'espoir en soulignant sa volonté de voir cette pandémie "maîtrisée" à l'été 2021 et affirme que si cela est le cas, "la relance économique va très vite arriver".

Le ministre nous annonce d'ailleurs qu'il planche actuellement sur un plan de mobilité "qui va jusqu'en 2035" et qu'il espère présenter avant la fin de l'année 2021. Un plan qui doit, d'après lui, permettre au Grand-Duché "d'anticiper la crise de mobilité future".

En sa qualité de ministre des Travaux publics et de ministre de la Mobilité, il admet qu'il a eu "de la chance". Il confirme que la pandémie n'a pas affecté le secteur de la construction de la même manière que d'autres secteurs. En effet, si les chantiers du pays ont bien été interrompus pendant cinq semaines au début de l'année, la météo a ensuite été particulièrement favorable à la construction.

Il prend l'exemple du tram qui a récemment fini par rejoindre la gare centrale à temps malgré le retard pris avant la crise sanitaire. Une mince consolation pour un gouvernement qui vient tout juste d'annoncer de nouvelles mesures restrictives qui influenceront assurément la fréquentation des transports publics puisque le télétravail redeviendra la norme et que les contacts sociaux seront considérablement réduits dès le 26 janvier au Luxembourg.

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