A quel point le racisme est répandu au Luxembourg et que faire pour lutter contre ce phénomène?

Le mouvement "Black Lives Matter" aura des répercussions politiques au Luxembourg. Le ministère de la Famille souhaite présenter une étude sur le racisme au Grand-Duché dans un an. Cette enquête sera élaborée par l'institut de recherche LISER et par le CEFIS, le Centre d'Etude et de Formation interculturelles et sociales. Les premiers détails ont été fournis aux membres de la Commission parlementaire concernée.

En juin dernier, plus de 1.500 personnes avaient défilé contre le racisme dans les rues de la capitale. A l'époque, le CSV et le Parti Pirate, entre autres, avaient fait entrer le sujet au Parlement et une motion du député libéral, Max Hahn, qui demandait une étude, avait été adoptée à l'unanimité. Les élus pirates approuvent cette concrétisation, selon le député Marc Goergen, qui émet cependant un bémol:

"Il faut aussi pour une fois être honnête et dire qu'il y a du racisme au quotidien. Et si nous attendons encore un an ou si nous attendons jusqu'à ce que l'étude soit terminée et ainsi de suite, ces gens ne sont pas aidés. Nous, Pirates, nous avions demandé cette heure d'actualité pour arriver à quelque-chose de concret après les discussions du "Black Lives Matter" et pour ces gens qui ont à lutter chaque jour contre le racisme. Il faudrait commencer beaucoup plus rapidement."

Le député libéral Max Hahn, président de la Commission parlementaire de la Famille, n'accepte pas cette critique:

"Je pense que cette étude, et c'est pourquoi elle est très largement supportée à la Chambre, va nous permettre d'apporter de l'objectivité dans la discussion sur le racisme et ce sera un document, qui, dans les prochaines années et peut-être même dans les prochaines décennies, servira, au moins de base, aux politiques pour s'efforcer d'éliminer autant que possible le racisme au Luxembourg."

Des recommandations aux responsables politiques seront aussi formulées dans l'étude, selon Max Hahn. Le CSV approuve l'approche de vette dernière, assure Paul Galles.

"Il sera aussi demandé [aux personnes interrogées] si elles ont enduré du racisme individuel ou si elles ont enduré un racisme structurel, par exemple à l'école, à la recherche d'un logement ou d'un emploi, etc."

Le député CSV émet toutefois une critique:

"Par exemple, il est important pour nous que la question soit traitée dans son intégralité, que ce ne soient pas uniquement les résidents qui soient interrogés, mais que les frontaliers soient impliqués aussi, parce que justement dans ce contexte des résidents et des frontaliers, le problème de la discrimination ou du racisme peut surgir, et c'est pour nous un petit manque dans cette étude, parce que ce n'est pas prévu."

Comme le précise le site internet de la Chambre, les députés recevront au début du mois de janvier 2021 la liste des questions afin de pouvoir donner leur avis. L'étude en elle-même devrait être terminée fin 2021.