Le pays est en confinement partiel depuis jeudi mais les commerçants misent sur le rendez-vous, tout en sachant que leur chiffre d'affaires "n'égalera pas celui de l'an passé". Les clients ne se sont pas bousculés ce vendredi matin.

Devenue incontournable, l'opération commerciale a été décalée au 4 décembre en France où les commerces ne rouvriront que ce samedi matin. Au Luxembourg, en revanche, le Black Friday a bien lieu alors que le pays est repassé en confinement partiel depuis jeudi et que ses cafés et restaurants ont dû baisser le rideau pour vingt jours.

Est-ce la prudence imposée par la pandémie qui dure (six décès et 773 nouvelles contaminations jeudi), le télétravail ou la solution des achats via internet qui freinent les ardeurs commerciales? Fait est que ce vendredi, le "Black Friday" n'a pas fait se déplacer les foules à 8 heures côté Kirchberg.

Une soixantaine de clients se sont engouffrés sous le rideau à peine levé d'Auchan qui a ouvert le bal. "Je suis venu tôt pour un jouet: une voiture Lego Technic Lamborghini vendue à moins de 40%. C'est vraiment une belle affaire", confie Joe venu spécialement d'Echternach ce vendredi matin.

© Maurice Fick / RTL

"C'est la meilleure offre que j'ai trouvée et c'est bien moins cher que sur le site internet de la marque", explique Sophie (prénom d'emprunt), venue de Walferdange. Et elle rajoute aussitôt: "C'est un cadeau de Noël pour un adulte". Le jouet de collection est vendu pas loin de 400 euros sur internet.

Martio, comme beaucoup d'autres, est directement parti dans le rayon informatique. Il est venu de Schouweiler avec ses deux fils et avant qu'ils ne démarrent les cours dans l'objectif d'"acheter un ordinateur portable avec un prix intéressant et une bonne configuration". L'objet valant près de 800 euros est vendu moitié prix. Pendant qu'il parle, une cliente repart dès 8h10 avec deux ordinateurs sous le bras.

L'EFFET ANNONCE GOUVERNEMENTALE

Une petite centaine de clients ont fait l'ouverture dès 9 heures chez Saturn dans le quartier gare à Luxembourg qui a mobilisé l'ensemble de son personnel et ouvert une heure plus tôt. Ici on ne badine pas avec le Black Friday, c'est un jour qui compte. "L'an passé c'était un truc de dingue. Nous avons fait l'équivalent d'un petit mois de chiffre d'affaires en trois jours de Black Friday", confie Stephan Rabret.

Le Chief costumer officer du Saturn est nettement moins optimiste pour cette fois: "Ce ne sera pas comparable à 2019 parce que la situation n'est pas du tout la même". Premier indice vers 10 heures: il est satisfait de l'affluence mais "globalement ce sera plus calme", jauge-t-il. Il met le doigt sur les travaux du tram dans le quartier gare mais aussi sur la situation "très particulière" créée par le covid-19.

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"Les annonces de reconfinement partiel du gouvernement en début de semaine ont eu pour effet une croissance de notre chiffre d'affaires", rapporte le patron du Saturn de Luxembourg-Ville. Entendez: les clients ont anticipé leurs achats sans attendre ce vendredi. Et pour cause: Saturn, comme nombre d'autres grandes enseignes mais aussi de petits commerces, a largement "dilué" l'effet Black Friday sur plusieurs jours.

Le seul "Black Friday" faisant souvent place à une "Black week". Saturn a carrément lancé un "Black November". "Nous avons mené l'opération sur toute la semaine et elle se poursuivra tout ce week-end et je dois dire que cela a bien commencé", glisse Mounera Ammour, gérante d'Okaïdi, magasin de vêtements pour enfants dans le même quartier.

Tout près, le manager trainer Luxembourg de Foot Locker a opté pour la même formule. Il veut rester "optimiste" mais sait bien qu'"on ne fera pas le chiffre d'affaires de l'an passé". Son problème ne s'appelle ni tram, ni coronavirus mais concurrence interne: "Je pense qu'on perd beaucoup du fait de l'ouverture du centre commercial de la Cloche d'Or" où se trouve un magasin de la même enseigne.