Le quotidien français publie un dossier sur le glyphosate, et revient sur le rôle de précurseur du Luxembourg, premier pays d'Europe à interdire cet herbicide.

Pour une fois que Libé n'associe pas le Grand-Duché avec le secret bancaire ou l'évasion fiscale! Le quotidien français s'offre un petit coup de projecteur bienveillant sur ce "tout petit pays [...] le seul de l'Union européenne à oser s'affranchir définitivement du glyphosate".
Le Luxembourg va en effet devenir le premier pays de l'Union européenne à bannir le glyphosate, un herbicide controversé.
D'ici au 31 décembre 2020, les produits phytopharmaceutiques à base de glyphosate seront bannis des sols du Grand-Duché, conformément à l'accord du gouvernement datant de 2018.

C'est "un pas décisif dans une démarche durable répondant aux ambitions d'une utilisation des produits phytopharmaceutiques moderne et respectueuse de l'environnement", estime le ministre luxembourgeois de l'Agriculture, Romain Schneider.

RTL

© JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

L'interdiction se déroule en trois phases: un retrait de l'autorisation de mise sur le marché au 1er février 2020, un délai d'écoulement des stocks jusqu'au 30 juin puis un délai de grâce pour l'utilisation de ces produits fixé au 31 décembre 2020.

Dans les faits, près de 60% des exploitations agricoles du pays ont déjà renoncé au glyphosate, selon le gouvernement luxembourgeois.
Celui-ci a instauré fin 2019 un système d'indemnisations à destination du millier d'exploitations agricoles actives dans ce petit pays prospère de 600.000 habitants.
Les primes de base sont de 30 euros/hectare pour les terres agricoles et de 50 euros/hectare pour les terres viticoles, des montants que le principal syndicat agricole du pays, la Centrale paysanne luxembourgeoise, juge insuffisants.

LE PREMIER EN EUROPE

Le Luxembourg espère "produire un effet de levier important dans l'ensemble de l'Union européenne, sachant que d'autres pays tels que l'Autriche ont entamé des démarches similaires", pointe Romain Schneider.

En Autriche, l'herbicide était supposé être interdit en ce début d'année 2020 mais le gouvernement a fait machine arrière en décembre 2019, invoquant une faute de procédure.
A Vienne, la proposition de loi aurait dû faire l'objet d'une notification à la Commission européenne "afin de que celle-ci et les Etats membres puissent formuler des observations".

La licence d'utilisation du glyphosate dans l'Union européenne court jusqu'au 15 décembre 2022 et son sort fait débat dans de nombreux pays.
La France a prévu "de sortir de l'essentiel des usages au 1er janvier 2021, et de tous les usages au 1er janvier 2023", selon le gouvernement, mais ce calendrier a été jugé difficile à tenir par un récent rapport parlementaire.