La situation sanitaire tendue impose un nouveau renforcement des mesures comme la fermeture des restaurants, des salles de sports et un minimum d'interactions sociales. Le Premier ministre demande "trois semaines d'efforts" pour "retrouver de l'oxygène".

"Nous devons tirer le frein à main pour avoir de l'oxygène", s'est justifié par trois fois le Premier ministre ce lundi en direct, dans une allocution "vérité", très attendue depuis l'entrée en vigueur des mesures anti-covid, fin octobre.

Le fait est que l'effort collectif produit jusqu'ici au Luxembourg n'a pas permis d'enrayer la progression de l'épidémie, comme escompté par les autorités sanitaires et le gouvernement. Ce n'était plus qu'un secret de Polichinelle depuis la fin de la semaine passée: les nouvelles restrictions annoncées par Xavier Bettel devraient entrer en vigueur dès ce jeudi 26 novembre 2020 au Luxembourg.

Le projet de loi 7694 critiqué par la Chambre des salariés et la CCDH mais qui a eu un avis positif du Conseil d'Etat ce lundi matin, sera donc soumis à la Chambre des députés qui pourrait le voter dès mercredi.

Fermeture des restaurants, des cafés (mais pas des commerces), des salles de sports, des gymnases, des cinémas, etc., réduction de 4 à 2 personnes invitées à domicile ou prolongement du couvre-feu entre 23 h et 6 h. Ce sont les mesures-phares qui restreindront encore un peu plus la liberté de mouvement au Luxembourg jusqu'au 15 décembre.

UN VIRUS ENCORE "TROP LARGEMENT RÉPANDU"

Ce "coup de frein à main" par anticipation est une décision politique motivée par le trop haut niveau de nouvelles contaminations même s'il y a de "légères améliorations", concède le Premier ministre.

"Le virus est encore largement répandu. On s'est stabilisé à un niveau trop élevé. La prise en charge de nos patients n'est plus ce qu'elle est habituellement. Nous ne pouvons plus accepter cela. 181 soins normaux, beaucoup en soins intensifs et plusieurs cas d'intubations. Il est important de se donner davantage de marge au niveau de la prise en charge des patients", résume Paulette Lenert.

La ministre de la Santé met en avant un taux de positivité de "toujours plus de 5%" et sait bien que les compteurs ne passeront pas au vert demain puisque "les eaux usées montrent que le virus continue de se propager très clairement". Signe avant-coureur d'une pandémie qui continue de sévir dans les jours à venir.

Xavier Bettel réclame trois semaines d'effort collectif à la population luxembourgeoise afin de créer une marge suffisante pour ne pas arriver en zone critique de gestion de la crise sanitaire. / © RTL

MESSAGE CLAIR: LE MOINS d'INTERACTIONS POSSIBLES

"Nous devons réduire au minimum les interactions entre les gens pour pouvoir regagner en liberté dans trois semaines", prévient Xavier Bettel. Il a insisté à plusieurs reprises sur l'importance de porter le masque et de maintenir les 2 mètres de distanciation sociale, règles impératives pour stopper la propagation du virus.

"Il faut trouver un moyen pour minimiser les interactions", pose Paulette Lenert avant de s'adresser très simplement à tous ses concitoyens: "Ne recevez pas de visites si ce n'est absolument pas nécessaire."

La ministre de la Santé a lancé un appel à "en remettre une couche". Et fini pas livrer le fond de sa pensée: "N'invitez personne chez vous et portez toujours le masque dès que les 2 mètres de distance ne peuvent être respectés. Nous sommes fatigués mais il importe de faire encore, encore et encore des efforts". Car "chaque contact représente un risque".

NE PAS STIGMATISER LE SECTEUR HORECA

Les magasins restent ouverts mais ce n'est pas un prétexte pour y foncer à la moindre envie, ont fait entendre les deux membres du gouvernement qui appellent à limiter les déplacements à ceux qui sont nécessaires.

"Le secteur Horeca n'est pas un hotspot", a tenu à souligner Xavier Bettel. "Ils ont fait tous les efforts nécessaires, mais c'est à table que le risque de contamination est grand", sans port du masque, ni possibilité de maintenir les 2 mètres règlementaires. Contrairement aux cantines scolaires où la distanciation est matériellement organisée, les interactions sociales y sont trop importantes.

La fermeture des restaurants et cafés s'impose: "Si une personne sur quatre est malade à table, il y en aura trois de plus et leurs familles tomberont malades aussi", ajoute Xavier Bettel.