Fermeture des restaurants mais pas des cantines, limitation des activités sportives mais pas à l'école, prolongement du couvre-feu sans justification scientifique... la CCDH somme le gouvernement d'être plus précis avant de soumettre au vote lundi les nouvelles restrictions de la loi covid.

L'évolution générale de la pandémie au Luxembourg (662 nouvelles infections journalières en moyenne par jour) depuis le début de la semaine, laisse présager que le nouveau tour de vis gouvernemental, annoncé mardi par Xavier Bettel, devient incontournable.

L'avis de la CCDH (Commission consultative des Droits de l’Homme du Grand-Duché de Luxembourg) sur les nouvelles dispositions qui seront soumises au vote de la Chambre des députés ce lundi 23 novembre, tient en une phrase: le paquet ficelé manque d'explications, de données scientifiques et statistiques. De sorte que plusieurs mesures risquent d'être incomprises par le grand public.

A commencer par la fermeture des cafés et restaurants du fait que "ces lieux donnent lieu à des interactions sociales et (…) le port du masque n’y est pas toujours possible" mais pas des cantines scolaires ou universitaires ! La CCDH insiste sur la nécessité d'être plus cohérent et demande que soient fournies des précisions sur ce point.

POURQUOI PROLONGER LE COUVRE-FEU ?

Le message adressé au gouvernement vaut également pour les futures restrictions concernant les activités sportives et récréatives. Les salles de sport et piscines seront fermées et il ne sera plus possible de faire du sport à plus de quatre personnes. À l'inverse, le sport scolaire et les activités para- et périscolaires sont maintenus.

La Commission ne comprend pas pourquoi les gymnases scolaires et activités "ne seraient pas susceptibles de favoriser la propagation du virus pour cette partie spécifique de la population alors qu’ils le seraient pour le reste de la population" ?

La CCDH regrette surtout que le gouvernement "n’ait pas fourni des données statistiques et scientifiques sur les lieux et contacts d’infection spécifiquement en lien avec les activités nocturnes, qui permettraient d’évaluer la nécessité et la proportionnalité" du prolongement du couvre-feu jusqu'au 15 décembre.

Autre regret de la Commission: l'absence d'explications pour justifier par des chiffres ou autres informations le fait que seules deux personnes faisant partie du même ménage pourront dorénavant être accueillis chez soi.