"Garder le cap, tenir bon, rester en bonne santé et ne pas perdre les pédales", les défis sont nombreux pour le personnel des soins de santé.

La présidente de l'ANIL, l'association des infirmières et infirmiers du Luxembourg Anne-Marie Hanff est consciente de la situation problématique du moment. Elle a livré son ressenti dans une interview accordée à RTL en expliquant avoir réellement peur d'un sous-effectif au niveau des soins de santé.

Selon elle, le défi est encore différent de celui de la première vague au printemps, à l'époque tout était nouveau, il n'y avait pas assez de matériel et tout n'était pas bien organisé dès le départ. Maintenant, le secteur est peut-être mieux préparé mais les gens sont fatigués car ils travaillent depuis longtemps et ils en on assez.

L'intensité et la durée de la deuxième vague détermineront le temps que les infirmiers et infirmières pourront encore tenir, sans oublier une possible pénurie au niveau du personnel. Une peur qui existe également dans les pays voisins qui voient leurs infirmières et infirmiers venir travailler au Luxembourg. Notre pays recrute deux tiers de son personnel à l'étranger.

La présidente de l'ANIL comprend très bien les frustrations émanant de la Belgique: "la méthode de recrutement au Luxembourg peut parfois poser des questions éthiques, mais nous n'avons pas le choix. Si le Luxembourg ne forme pas de nouvelles personnes et que les hôpitaux sont en manque, il faut aller chercher à l'étranger. La formation et la pénurie sont étroitement liées".
Le Luxembourg dispose d'un nombre suffisant de respirateurs qui sont manipulés par des infirmières et infirmiers en anesthésie et en réanimation, or de ces 407 personnes dont dispose le Luxembourg, la moitié vit à l'étranger. Si leurs pays respectifs venaient à mobiliser le personnel national, le Luxembourg serait bien embêté.

Anne-Marie Hanff se pose donc la question de savoir si le gouvernement ne reconnaît pas le problème ou s'il est minimisé par les autorités. Des réformes ont souvent été annoncées mais les sujets importants ne sont pas discutés.

Le Luxembourg ne forme pas assez de personnel dans ce domaine, tel est le constat de la présidente de l'ANIL qui souligne à nouveau la gravité de la situation.