Paulette Lenert, Alain Schmit et Paul Junck étaient les invités de RTL ce samedi.

La ministre de la Santé a expliqué sur RTL que durant ces deux derniers mois, les autorités pensaient qu'un rebond des nouvelles infections allait se produire à plusieurs reprises avant de se tasser à nouveau. C'est pour cette raison que, malgré les pronostics très précis, on ne pouvait pas savoir que le virus allait se répandre à nouveau très rapidement.

La météo de ces derniers jours serait en outre également une explication pour cette hausse fulgurante, les conditions étaient très différentes en mars, selon le docteur Alain Schmit.

PRISE DE CONSCIENCE

Paul Junck, le directeur de la fédération des hôpitaux, demande la solidarité des citoyens avec le personnel de santé. Il faut absolument se tenir aux mesures. Si 85% de la population s'y tient, mais que 15% ne respectent pas les règles, la situation peut très vite dérailler. Ce sont ces 15% qu'il faut absolument sensibiliser au plus vite, ce que les autorités tentent de faire depuis quelques jours, selon la ministre de la Santé qui pense que pendant de longues semaines, le virus avait un peu disparu des radars. La prise de conscience refait surface.

POURQUOI CES MESURES SEULEMENT MAINTENANT?

La ministre de la Santé explique également que ces nouvelles mesures, plus fortes, ont seulement été prises vendredi car les chiffres étaient différents quelques jours encore avant la dernière conférence de presse, il y a une semaine. Le virus réagit très rapidement, les tendances et les faits étaient complètement différents alors. Il faut évoluer graduellement.

L'effectif du personnel dans les hôpitaux est réduit à cause des isolements et quarantaines, les docteurs sont en sous-effectif depuis le début, et il faut faire preuve d'une extrême prudence dans ce domaine, selon Alain Schmit, président de l'AMMD, association des médecins et médecins dentistes à Luxembourg. L'ampleur de cette deuxième vague pourrait connaître un développement plus dramatique que lors de la première mais la situation dans les hôpitaux est encore sous contrôle, selon Paul Junck.

Un des objectifs principaux est de ne pas tout bloquer dans les hôpitaux comme lors de la première vague afin d'éviter les dommages collatéraux car beaucoup de patients n'ont pas pu être traités. L'offre doit absolument être garantie quoi qu'il arrive.

PAS D'HÔPITAL DÉDIÉ AU COVID

Selon le président de la fédération des hôpitaux, il n'est pas encore question d'une réorganisation des hôpitaux qui vont connaître une croissance d'occupation dans les prochaines semaines à la proposition de l'AMMD de prévoir une structure dédiée au Covid, un "hôpital Covid".

Les CSA déployés lors de la première vague sera à nouveau déployés si la situation le demande, ce qui n'est pas encore le cas aujourd'hui. Les cabinets n'enregistrent pas encore d'afflux important de patients Covid. Cette fois, ces personnes seront prises en charge dans le réseau "normal", selon la ministre.

RÉDUCTION DES VISITES

La récente hausse devrait normalement provoquer une adaptation des visites en milieu hospitalier ou dans les maisons de retraite et de soins. Ces structures devront pouvoir faire preuve d'une certaine flexibilité, en fonction des cas enregistrés. Trois maisons sont actuellement plus concernées avec un nombre un peu plus élevé de nouvelles infections.