La ministre de la Santé, Paulette Lenert, a confirmé que les travaux sur le projet de légalisation du cannabis au Luxembourg se poursuivaient depuis des mois, même s'il a été retardé par le déclenchement de la pandémie de coronavirus.

L'objectif du cinquième plan national en matière de drogues illicites pour la période 2020-2024, présenté lundi au ministère de la Santé, est de réduire la demande et l'offre de drogues. La ministre Paulette Lenert et le Coordinateur national drogues, Alain Origer, se sont réjouis que la grande majorité des actions prévues par le plan précédent avaient été réalisées.

Il a été constaté que les drogues les plus consommées sont le cannabis, la cocaïne et l'ecstasy, que le cannabis séduit davantage les 15-18 ans. Autres constats: le Luxembourg se situe sous la moyenne européenne en ce qui concerne les décès par overdose et les infections au VIH sont en forte baisse.

Le Docteur Alain Origer a expliqué que l'un des grands projets, certes coûteux, du cinquième plan national, était la création d'un centre de thérapie pour mineurs. Une cinquantaine de jeunes sont actuellement accompagnés dans une thérapie à l'étranger: on travaille avec eux au Luxembourg avant et après la thérapie. Le Docteur Origer considère cependant qu'il y a un réel besoin d'un tel centre de thérapie au Luxembourg.

RETARDÉ PAR LA PANDÉMIE DE CORONAVIRUS

La ministre de la Santé, Paulette Lenert, a confirmé que les travaux sur le projet de légalisation du cannabis se poursuivaient depuis des mois, même s'il a été retardé par le déclenchement de la pandémie de coronavirus. Comme il s'agit d'un thème sensible, les autorités communiquent moins sur le sujet, mais les travaux progressent.

Tout cela s'inscrit également dans le cadre de la politique de prévention. Il ne s'agit pas ici de rendre le cannabis accessible parce que c'est "cool". Il a été constaté que de plus en plus de jeunes avaient recours à cette substance, mais aussi que la qualité de cette dernière était de plus en plus dangereuse. Il y a également plus de gens qui ont besoin d'aide en raison de leur consommation. Le produit devient donc de plus en plus dangereux, selon la ministre. L'idée est de créer, à travers la légalisation, un nouveau marché, qui permettra de mener une prévention plus efficace.

Selon le Coordinateur national drogues, Alain Origer, il s'agit aussi de vivre avec son époque, car le cannabis n'est plus ce qu'il était il y a dix ans.