Le débat au sujet de la 5G fait rage au Luxembourg. Ce mardi, Xavier Bettel a expliqué que le pays était très nettement en-dessous des normes d'émission fixées par l'Union Européenne.

Le débat public sur la pétition en faveur de l'arrêt de la 5G au Luxembourg, qui avait récolté plus de 7.000 signatures, a eu lieu mardi après-midi à la Chambre des députés.

Cette pétition avait été initiée par Concetta Valvason.

Le point central du débat a été le fait que les conséquences de la 5G ne sont pas prévisibles parce qu'il n'y a pas d'études indépendantes sur cette thématique, selon la pétitionnaire et ses experts. Des dommages à l'ADN, des troubles de la fertilité, des problèmes neurologiques ou cardiaques, des risques de cancer ont été cités comme conséquences possibles de la 5G. Il faut ajouter à cela que la 5G serait tout sauf écologique, car les nombreux appareils qui ne seront pas compatibles avec cette nouvelle technologie, finiront à la poubelle et devront être remplacés.

Un de ces experts, Jörn Gutbier, a souligné que deux tiers des experts mondiaux exprimaient très clairement des réserves dans cette thématique. La partie généralement considérée comme l'expert officiel, l'ICNIRP, considérerait tout cela différemment et aurait moins de réserves vis-à-vis de cette technologie, qui n'a pas encore fait l'objet de recherches. Les responsables politiques devraient réagir et agir. On ne pourrait pas exposer une société à une technologie qui n'a pas été explorée.

Du côté des pétitionnaires, il a encore été affirmé que même de très petites différences dans les fréquences auraient des répercussions, qui ne seraient pas évaluables, sur le système biologique. Ils demandent un rayonnement moindre pour les mêmes volumes et données, ce qui serait possible et constituerait une alternative.

LES PÉTITIONNAIRES ESTIMENT NE PAS AVOIR ÉTÉ ENTENDUS

Les pétitionnaires ont aussi évoqué une "dictature digitale" et rappelé à de nombreuses reprises le principe de précaution, qui doit aussi être appliqué au Luxembourg.

Lors du débat, le gouvernement a pour sa part souligné qu'avec une norme de 3 Volt par mètre, le Luxembourg se situait très nettement sous la limite prescrite par l'Union européenne, qui est de 63 Volt par mètre. Le Premier ministre et ministre de la Digitalisation, Xavier Bettel, a insisté sur le fait que le Luxembourg avait été le seul Etat sur les 27 présents au Sommet européen, qui avait affirmé que la santé et l'impact environnemental étaient au moins aussi importants dans les discussions.

Xavier Bettel a rappelé l'importance du principe de précaution au Luxembourg. Si des problèmes survenaient, le Luxembourg actionnerait la pédale de frein. Mais il ressort aussi des explications du gouvernement qu'il n'y aurait à ce jour aucune réserve scientifique et que rien n'était dissimulé. Les craintes qui existent, sont prises au sérieux, selon la ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg, mais il faut toujours souligner que le Grand-Duché a des valeurs limites très basses. La ministre de la Santé,  Paulette Lenert, a déclaré que le Luxembourg menait une discussion très nuancée et était ouvert à toute nouvelle connaissance. Le débat est loin d'être clos, même si le dossier est déjà très avancé.

Les pétitionnaires demandaient l'arrêt immédiat de la 5G, jusqu'à ce que des études aient prouvé que la technologie n'était préjudiciable ni à l'homme, ni aux animaux, ni à la nature.

Ces derniers se sont finalement montrés très déçus par le débat à la Chambre.

„Nous sommes très déçus. Nous n'allons pas le cacher. Nous nous étions attendus à ce qu'au moins le gouvernement nous écoute, écoute au moins nos raisons, ce qu'ont toutefois fait les députés, au moins une grande partie de ceux qui ont parlé.“

Les pétitionnaires ont été particulièrement déçus que le Premier ministre ne les ait pas vraiment écoutés, eux et leurs arguments, pendant le débat.

Comme toujours, les députés ont tiré leurs conclusions à huis clos après le débat.