Les procureurs du nouveau parquet européen ont prêté serment lundi au cours d'une cérémonie à la Cour de justice de l'UE à Luxembourg, marquant le début des activités de cet organisme chargé d'enquêter et poursuivre les infractions portant atteinte au budget européen.

La cheffe du parquet européen, la Roumaine Laura Codruta Kövesi et les 22 procureurs représentant les Etats membres participant à cette coopération renforcée, se sont engagés à exercer leurs fonctions "en pleine indépendance dans l'intérêt de l'Union dans son ensemble".
Ils ont aussi promis de "ne solliciter ni accepter d'instructions d'aucune personne ou entité extérieure au parquet européen" et de "respecter l'obligation de confidentialité".

Le parquet européen, installé à Luxembourg, "va changer la donne dans la lutte contre la criminalité financière transfrontalière", ont salué les commissaires européens Vera Jourova (Valeurs et transparence), Johannes Hahn (Budget) et Didier Reynders (Justice) dans un communiqué commun. "Il complétera le travail important d'Eurojust et de l'Office européen de lutte antifraude, en créant une approche européenne unifiée pour lutter contre les crimes qui affectent les intérêts financiers de l'Union", ont-ils souligné.

Le parquet européen est chargé de rechercher, de poursuivre et de renvoyer en justice les auteurs d'infractions portant atteinte aux intérêts financiers de l'Union (fraude, corruption, fraude transfrontalière à la TVA supérieure à 10 millions d'euros). Il peut diligenter des enquêtes, effectuer des actes de poursuite et exercer l'action publique devant les juridictions compétentes des États membres.
Chaque année, des milliards d'euros sont perdus en recettes à cause de la fraude, notamment la fraude transfrontalière à la TVA. Sur les 27 pays de l'UE, cinq ne participent pas à ce parquet européen : la Hongrie, la Pologne, l'Irlande, la Suède et le Danemark.