En janvier dernier, Fabien Engelmann s'était fait arrêter en état d'ébriété à Luxembourg-Ville. Un policier accuse le maire de Hayange d'avoir eu un comportement choquant. Face au tollé, l'élu s'est défendu dans la presse ce vendredi.

Fabien Engelmann, maire Rassemblement national de Hayange (Moselle) depuis 2014 et conseiller régional du Grand Est depuis 2016, a comparu ce vendredi matin devant le tribunal de Luxembourg pour conduite sous influence de l'alcool et refus de se soumettre à un test d'alcoolémie.

Les faits remontent à janvier dernier. L'élu avait été arrêté par la police à Luxembourg-Ville, plus précisément entre le rond-point Gluck et le tunnel Albert Bousser.

Un policier, qui était cette nuit-là en patrouille avec un collègue, a en effet déclaré qu'ils avaient remarqué une voiture qui zigzaguait dangereusement. Dans le tunnel, l'automobiliste avait "brusquement accéléré", ce qui avait amené les policiers à allumer leur gyrophare. La voiture s'est alors immobilisée après la sortie du tunnel. Le conducteur dégageait une forte odeur d'alcool et semblait avoir des difficultés à tenir debout.

Il n'a pas tardé à lancer à la police qu'elle ferait mieux de rechercher les véritables criminels, plutôt que de l'énerver, affirme le policier. L'élu avait dû s'y reprendre à huit reprises pour réussir à souffler dans l'alcootest avant d'obtenir enfin un résultat: 1,2 gramme. Quand les policiers lui ont signifié qu'ils devaient se rendre au commissariat afin de pratiquer un second test d'alcoolémie, il n'avait pas "trouvé cela si super". Le policier lui a alors précisé qu'un refus entraînerait une interdiction de conduire.

Fabien Engelmann aurait alors souri et expliqué qu'il était le maire de Hayange, qu'il avait souvent des contacts avec le Premier ministre Xavier Bettel, et que les policiers allaient devoir en supporter les conséquences. L'incident aurait pratiquement duré une demi-heure et l'homme aurait agi comme "s'il était quelqu'un de supérieur", conclut l'agent de police.

"CE N'EST PAS ÉNORME, JUSTE UN VERRE DE TROP"

En revanche, l'élu, son avocat, ainsi que le passager qui l'accompagnait la nuit de l'incident mettent en cause la police luxembourgeoise qui se serait selon eux mal comportée. Ils évoquent un comportement choquant de la police, des menaces et des propos déplacés de la part des agents. Des accusations réfutées par le policier, qui parle de "mensonges"  et qui qualifie de "sottise" l'accusation d'intimidation.

Contacté vendredi par le Républicain Lorrain, qui le décrit comme "très affecté" par cette histoire, Fabien Engelmann a confirmé à nos confrères qu’il avait bien refusé l’éthylomètre, "la loi me le permettait", et que l’alcootest affichait "0,58g. Ce n’est pas énorme, juste un verre de trop certes, mais ça peut arriver à tout le monde. Que celui qui n’a jamais pêché me jette la première pierre" clame-t-il.

L'élu a d'ailleurs une autre version de ses échanges avec la police luxembourgeoise. Racontant qu'il rentrait ce soir-là d'un anniversaire, il aurait fait face à un policier se comportant "comme un cow-boy". "Je ne me suis jamais vanté d’être le maire de Hayange, ni même que j’avais des contacts au gouvernement. [...] J’ai ouvert le coffre pour prendre mes papiers et il y avait mes affiches de campagne ! C’est là qu’ils ont vu que j’étais le maire de Hayange. Et j’ai juste dit, simplement et calmement, que je doutais que le Premier ministre serait content de savoir comment se comportaient les agents de police" affirme-t-il encore au Républicain Lorrain.

La représentante du parquet a requis une amende et une interdiction de conduire de trois ans, éventuellement avec sursis.

Le verdict est attendu le 23 octobre.