Alors que le prévenu était renvoyé devant le tribunal pour tentative d'assassinat, le parquet retient la tentative de meurtre pour non-préméditation.

En juillet 2018, l'accusé aurait poignardé dans le dos un autre homme près d'un café proche de la gare d'Esch.

Pour le substitut, la tentative d'assassinat ne doit pas être retenue, car il n'y a pas eu préméditation. Par ailleurs, le couteau se serait peut-être bien trouvé dans les mains de la victime avant de finir dans celles de l'accusé, a expliqué le représentant du parquet. Le prévenu est cependant considéré comme l'auteur de l'agression à l'arme blanche, parce que peu après les faits, le témoin principal en avait fait une description cohérente auprès de la police et était resté sur ses déclarations, au contraire de l'accusé qui aurait modifié des détails. Et aussi parce que des traces du sang du prévenu avaient été retrouvées sur la victime. La crédibilité de l'accusé serait à remettre en question et ses déclarations seraient à prendre avec circonspection.

La cause de cette rixe au couteau serait un incident survenu un peu plus tôt: la future victime avait brisé les lunettes de l'accusé. Le jeune âge de celui-ci, son casier vide et le fait qu'il n'ait pas apporté l'arme, pouvaient être considérés comme des circonstances atténuantes. En revanche, la violence avait été bien réelle, sans motif profond, sinon la vengeance. L'accusé avait en plus pris la fuite. Les faits étaient graves, tout comme la blessure de la victime, qui aurait pu lui être fatale. Le substitut a finalement requis 12 ans de réclusion et la confiscation de l'arme.

Le témoin principal, qui avait eu un malaise lors de sa première audition en juillet, entraînant l'interruption du procès, a finalement été entendu mercredi par visioconférence. Il a répété ses déclarations et redit que le prévenu était l'auteur des faits. L'accusé a une nouvelle fois contesté avoir poignardé la victime. Son avocat, Maître Fränk Wies, a plaidé l'acquittement.

Le tribunal rendra son verdict le 8 octobre.