Il y a un mois, le Luxembourgeois Jean-Marc Sirichai Kiesch avait été arrêté en Espagne après 16 ans de cavale. Alors que la justice espagnole a annoncé qu'il était libéré sous caution, le Luxembourg ne lâche pas l'affaire.

Suite au refus des autorités judiciaires espagnoles de remettre Jean-Marc Sirichai Kiesch au Luxembourg pour y purger le restant de sa peine, la Déléguée du Procureur général d’Etat pour l’exécution des peines a demandé, sur base du principe de la reconnaissance mutuelle aux jugements en matière pénale dans l’Union Européenne, que sa peine résiduelle, à savoir 3.275 jours, soit exécutée en Espagne. Cette demande, précise l'administration judiciaire ce jeudi, vient d’être envoyée au ministère de la Justice espagnol.

Jean-Marc Sirichai Kiesch, surnommé le "most wanted luxembourgeois" était l'un des criminels les plus recherchés d'Europol. Il a été condamné à 20 ans de prison dont 5 ans assortis d'un sursis probatoire. Il était accusé de la mort brutale d'une femme âgée ainsi que de la tentative de brûler son cadavre à Eppeldorf en janvier 1999. Il avait pris la fuite en 2004 après s'être vu accordé un congé pénal par la justice luxembourgeoise.

IL A REFAIT SA VIE EN ESPAGNE

Le 10 août dernier, il avait été arrêté à Punta Humbria en Espagne. En couple et avec un enfant, il avait refait sa vie en Espagne depuis 2006. Toujours selon le site Huelva Información, un voisin aurait vu sa photo sur le site d'Interpol et l'aurait dénoncé en envoyant un mail aux autorités luxembourgeoises.

Une arrestation qui serait le fruit "une coopération exemplaire" entre les unités de recherches ciblées du Luxembourg (FAST) et de l'Espagne d'après le porte-parole de l'Administration judiciaire. Les autorités judiciaires luxembourgeoises avaient ensuite demandé son extradition afin qu'il poursuive sa peine de prison au sein du centre pénitentiaire de Schrassig.

Or, par décision du 21 août 2020, le Tribunal Central d’Instruction de Madrid avait décidé de faire bénéficier Jean-Marc Kiesch d’une liberté provisoire liée à certaines conditions. Ce même jugement s’est opposé à l’exécution du mandat d’arrêt européen et à la remise de l'individu aux autorités judiciaires luxembourgeoises estimant que ses attaches avec l’Espagne justifieraient sa non-remise à la justice luxembourgeoise, tout comme "le temps écoulé" depuis le crime qui a eu lieu au Luxembourg il y a 21 ans. Cependant, son passeport est confisqué et il devra se présenter devant un juge tous les 15 jours.