La ministre de l'Environnement, Carole Dieschbourg, a présenté mercredi les grandes lignes d'une stratégie "zéro déchets" pour le Luxembourg. Un système de consigne va être instauré pour les bouteilles et les canettes.

Plusieurs directives européennes relatives à la gestion des déchets et à la réduction des emballages, doivent en effet être transposées en droit luxembourgeois. Pour impliquer les citoyens dans le projet, six ateliers avaient été chargés de fournir des idées sur la manière de réduire les déchets. La stratégie a donc été présentée mercredi.

Précisons d'abord que le "zéro déchets", ce n'est pas un objectif réaliste et qu'il ne sera jamais atteint. Tout le monde connaît le problème: tout ce que nous utilisons dans notre quotidien deviendra tôt ou tard un déchet. Il s'agit d'avoir une conscience différente de nos ressources, de mieux les utiliser et plus longtemps. D'ici 2030, 65% des déchets produits par les ménages devront être recyclés. Les déchets résiduels ne devront plus finir à la décharge non plus.

Robert Schmit, directeur de l'Administration de l'Environnement: "Ce qui subsiste alors, c'est l'incinération. Nous pouvons encore utiliser l'énergie qui est dans ces matières."

"Un des grands piliers de cette stratégie est la prévention de déchets, en promouvant avant tout des mesures qui prolongent le premier emploi et favorisent le réemploi, ceci dès la phase de conception, mais également la préparation en vue de la réutilisation", précise le ministère de l'Environnement dans un communiqué, le but de la stratégie étant la mise en œuvre d'une économie circulaire au niveau national.

Un système de consigne, avec collecte des vidanges, sera mis en place pour les bouteilles et les canettes de boissons. Mais tout cela n'est pas si simple. Nous devons collaborer avec la Belgique et les Pays-Bas. La majorité des boissons vendues au Luxembourg viennent de Belgique. Le système de consigne ne doit pas être limité aux produits luxembourgeois.

A l'avenir, il faudra miser davantage sur les produits réutilisables. Tout comme les gobelets et les assiettes en plastique, certaines barquettes ne pourront plus être vendues dès 2024. Les supermarchés doivent développer des idées pour éviter le gaspillage alimentaire. Enfin les centres de recyclage deviendront des centres de ressources.

Robert Schmit: "[Des centres] où moi, par exemple, en tant que producteur, je peux céder [des ressources], qui pourront être réutilisées, (...) , où des "cafés-réparations" pourront fonctionner. De sorte que ces choses ne soient pas juste gérées comme des déchets, mais que je les traite de manière à ce qu'elles restent dans le circuit."

En ce qui concerne les déchets sauvages, le "littering" sera plus sévèrement sanctionné. Avec la nouvelle loi sur les déchets, l'amende va passer de 49 à 145 euros.

En matière de construction, il ne s'agira plus seulement de construire des bâtiments à faible consommation énergétique. A partir de 2025, il y aura un registre des matériaux. Il faut créer un marché pour la réutilisation des matériaux de "déconstruction". L'économie circulaire est l'un des principaux jokers pour la protection du climat, selon la ministre de l'Environnement.