Plusieurs pays ont enregistré un pic de surmortalité due au coronavirus cette année. Qu'en est-il du Luxembourg?

Quel a été l'effet du coronavirus sur la mortalité au Luxembourg? En Juillet, l'Insee (l'institut de statistiques français) s'était penché sur la question, avec une vision plus européenne. Il était arrivé à la conclusion que lors de la semaine du 30 mars, la surmortalité avait atteint 50% en Europe. Cela signifie qu'il y avait 50% de morts en plus que ce qui avait été observé les années précédentes, entre 2016 et 2019.

Dans une question parlementaire, Mars Di Bartolomeo (LSAP) a interrogé la ministre de la Santé sur le cas du Luxembourg. Le pays a-t-il, lui aussi, connu une surmortalité de 50%?

Selon l'Insee, la surmortalité au Luxembourg était de 15% entre le 2 mars et le 26 avril, le point d'orgue de la crise au printemps. L'institut français rapporte également un pic de 64% de décès supplémentaires la semaine du 6 avril. "La période avec un pourcentage de surmortalité supérieur à 50% n'a duré qu'une seule semaine. Dans les pays concernés par une surmortalité supérieure à 50%, la surmortalité a duré pendant 3 à 5 semaines" répond Paulette Lenert.

D'après la ministre, l'interprétation des résultats luxembourgeois publiés par l'Insee "doit cependant être faite avec prudence". Selon elle, la taille du pays et de sa population peut conduire à de fortes variations hebdomadaires, pouvant exagérer les résultats. "Ces variations ont un impact plus limité dans un pays de plus grande dimension" confirme Paulette Lenert.

Elle note surtout que l'origine des données luxembourgeoises n'est pas précisée par l'Insee. Bien que compilées par Eurostat, les données peuvent avoir deux sources au Luxembourg. "Ainsi, l'exploitation des données du registre des causes de décès permet de mesurer la surmortalité durant la 15e semaine 2020 à 40%", contre 64% selon l'Insee. "Soit 79 décès en moyenne durant la période 2016-2019 et 110 décès en 2020" détaille la ministre, nuançant les données de l'Insee.

Alors, y a-t-il eu un pic de décès supplémentaires dû au coronavirus? "L'exploitation des données extraites du registre des causes de décès permet d'établir que durant le premier semestre 2020, il n'y a pas eu de surmortalité par rapport aux années précédentes: soit 2065 décès en moyenne en 2016-2019 et 2062 décès en 2020" conclut la ministre. Si l'épidémie a bien causé un surplus de décès au printemps, le nombre de décès enregistrés sur la première moitié de l'année est bien équivalent à la moyenne des années passées.