L'accusé s'était lui-même qualifié de "terroriste de Troisvierges".

Un homme bien connu des services de police devait comparaître jeudi, notamment pour coups et blessures volontaires, devant le tribunal de Diekirch. "Devait" parce que l'individu ne s'est pas présenté à son procès, alors que des mesures de sécurité renforcées avaient été prévues dans la salle d'audience à cause de lui.

Ce dispositif n'était peut-être pas superflu au vu des faits reprochés à l'accusé: agression d'un collègue de travail à Troisvierges, visite au bureau d'imposition de Clervaux, où il avait fini par crier „Allahu Akbar“.

"Il s'est lui-même fait passer pour un terroriste de Troisvierges. Qu'est-ce que c'est que ça pour un gars?", a demandé le président de la Cour à un policier au cours de l'audience. Ce dernier a répondu qu'il n'était pas psychologue. L'homme se considère dans son bon droit. Il traite tous les autres de pédophiles au moindre incident et ensuite il se fait justice lui-même.

Les faits suivants se sont déroulés en mars 2017 dans la zone industrielle de Troisvierges: un homme, qui n'est pas venu au tribunal par crainte, a été battu au point d'avoir deux côtes cassées et d'obtenir 15 jours d'incapacité de travail. Maître Marc Becker, l'avocat de la victime, a réclamé 22.500 euros de dommages et intérêts ou éventuellement une expertise.

Autre affaire: en mars 2019, l'accusé s'est présenté au bureau d'imposition de Clervaux, où il voulait faire remplir sa déclaration d'impôts. Quand la dame auprès de laquelle il s'est présenté lui a dit "non", il a demandé des explications. La fonctionnaire s'est sentie mal à l'aise, elle est allée voir une collègue et son supérieur, qui lui a dit qu'elle devait essayer qu'il parte. L'homme lui a ensuite demandé si elle ne savait pas qui il était. Il était dangereux et ils allaient se revoir. En sortant, il a crié "Allahu Akbar". La femme a déclaré avoir eu peur. Selon le policier, l'accusé avait filmé clandestinement cette visite au bureau des contributions, il avait mis la vidéo sur YouTube et avait notamment parlé de la "mafia des impôts". Au commissariat, l'homme avait dit qu'il était maltraité par le monde entier, mais qu'il n'avait pas eu l'intention de faire peur aux gens.

Selon le représentant du parquet , le prévenu, qui est un récidiviste, se considère comme une victime, cela figure en tout cas dans le rapport d'un psychiatre. Il a toutefois le sentiment que l'accusé a pigé parce qu'il a retiré plusieurs publications. Le substitut a requis 18 mois de prison et une amende à l'encontre de l'accusé.

Le verdict est attendu le 22 octobre.