Dans le contexte de la pandémie, les personnes de plus de 65 ans et celles souffrant de certaines maladies, sont considérées depuis avril comme des personnes vulnérables. Elles font partie des patients à risque.

Le 25 avril, le Conseil supérieur des maladies infectieuses a publié une liste des antécédents médicaux, pour lesquels le coronavirus peut provoquer de graves complications chez le patient.
Sur cette liste figure le diabète, les maladies cardio-vasculaires, les maladies chroniques des voies respiratoires, le cancer et les maladies auto-immunes. Les personnes souffrant d'obésité, sont aussi considérées comme vulnérables.

Vulnérabilité ne signifie pas incapacité de travail

Le communiqué du Conseil précise toutefois: ''Les personnes considérées comme vulnérables (...) peuvent travailler, mais les employeurs sont tenus de les protéger particulièrement sur le lieu de travail par exemple en les éloignant le plus possible des autres collaborateurs.''

La Caisse nationale de Santé écrit aussi dans une notice d'information publiée sur son site: un certificat qui confirme la vulnérabilité d'une personne, n'est pas à confondre avec un certificat qui prouve l'incapacité de travail.

RTL a demandé à un médecin du travail quelle procédure les personnes vulnérables doivent suivre dans le contexte de la crise sanitaire.

Les salariés de plus de 65 ans et/ou qui souffrent d'une des pathologies citées plus haut, doivent l'indiquer à leur employeur. La présentation d'un document du médecin traitant, une attestation de vulnérabilité, suffit.

Travailler en toute sécurité

Dans l'idéal, l'employeur collabore avec la personne concernée pour établir des conditions qui lui permettront de travailler en toute sécurité.

Ensuite intervient le Service de santé au travail et ses médecins du travail. Ces derniers ne jugent pas si le médecin traitant a attesté à juste titre qu'une personne était vulnérable. Ils donnent plutôt leur avis si les conditions de travail autorisent le salarié vulnérable à aller travailler. Ils évaluent la situation avec l'employeur. Ce dernier doit signer un document qui certifie qu'il respecte les conditions nécessaires pour que le salarié concerné puisse travailler en toute sécurité. Le salarié signe également ce document. Ce ne sont toutefois pas ces médecins du travail qui prennent la décision finale si une personne doit aller travailler ou pas.

Interrogé, le ministère du Travail précise que le code du travail reconnaît uniquement le ''certificat d'incapacité de travail'' comme justification pour ne pas devoir aller au travail. L'employeur peut cependant décider de lui-même de dispenser de travail une personne vulnérable. Mais il doit alors continuer à rémunérer cette personne, car elle n'est pas en arrêt maladie. Seul un médecin peut délivrer un certificat d'incapacité de travail.

Quant à un contrôle éventuel de la feuille de maladie, il relève de la compétence de la Sécurité sociale, précise le ministère du Travail.

Elèves et personnel enseignant

RTL a aussi interrogé le ministère de l'Education pour les procédures relatives aux élèves et au personnel enseignant.

Au niveau du personnel, la vulnérabilité de la personne est constatée par le médecin traitant et validée par le médecin du travail. Ce dernier informe la direction de l'établissement scolaire sur les tâches que peut remplir cette personne vulnérable et sur les mesures qui doivent être mises en place.

Pour les élèves, aucun médecin du travail n'intervient dans la procédure.

Un élève a besoin d'un certificat du médecin qui indique qu'il est vulnérable. Ensuite le ''Service de la médecine scolaire'' de la Direction de la Santé examine avec le médecin quelles sont les possibilités pour que l'élève puisse recevoir l'enseignement prévu.