Le directeur général d'ArcelorMittal Luxembourg, Roland Bastian, était l'invité de la rédaction de RTL Radio mardi matin.

Un plan social ne peut pas être écarté pour l'instant. 570 salariés sont concernés et il faut voir à présent comment ces emplois vont être réduits, a expliqué Roland Bastian. Dans les prochaines semaines, des solutions vont être recherchées au sein de la tripartite. Le Luxembourg dispose d'un modèle qui fonctionne depuis des décennies avec des instruments tels que les préretraites ou une cellule de reclassement. La situation est toutefois sérieuse, selon le directeur général d'ArcelorMittal Luxembourg.

Les déclencheurs de la crise

La pandémie de coronavirus est seulement la goutte qui a fait déborder le vase. L'industrie sidérurgique luxembourgeoise et européenne était déjà auparavant confrontée à de sérieux problèmes. D'un côté, il y a la surcapacité mondiale massive sur le marché de l'acier, l'offre est supérieure à la demande. Aucun producteur ne peut s'imposer avec des marges de profit.

Reproche à l'égard de l'Union européenne

Par ailleurs, le directeur général d'ArcelorMittal Luxembourg adresse un reproche clair à Bruxelles. Les taxes sur l'importation de l'acier européen, de 25% par tonne, décidées par Donald Trump il y a deux ans, compliquent les choses pour les producteurs européens, qui ont des difficultés à faire des bénéfices, et les mesures de rétorsion de Bruxelles sont loin d'être aussi efficaces. Il faut encore y ajouter les taxes CO2 élevées que les industriels doivent payer en Europe. Certes c'est bien de faire des efforts pour protéger l'environnement, et ArcelorMittal veut y contribuer, mais simplement, on n'est pas concurrentiel si cela se passe uniquement en Europe et pas dans le reste du monde, critique Roland Bastian.

L'avenir de l'industrie sidérurgique

Avec cette crise, le groupe ArcelorMittal doit évidemment se remettre en question. Le marché de la construction et la branche automobile étaient déjà en recul avant la pandémie. Mais si l'exercice de la tripartite fonctionne bien dans les prochaines semaines et les prochains mois et que l'on trouve de bons moyens pour continuer à investir au Luxembourg, l'industrie sidérurgique luxembourgeoise a un bel avenir, assure Roland Bastian. ArcelorMittal restera au Luxembourg.

Les sites industriels d'ArcelorMittal au Luxembourg, ne sont pas menacés, ajoute le directeur général.