Les travailleurs en fin de carrière peinent aujourd'hui à conserver leur emploi au Luxembourg. Un problème qui s'est renforcé avec la crise sanitaire.

Le virus n'a pas fait que des dégâts sur le plan sanitaire. Comme le fait remarquer la Fondation Idea dans une publication de septembre, "la crise actuelle pourrait avoir des effets durables et sévères" sur les perspectives d'emploi des travailleurs de plus de 55 ans. Un problème qui trouve son origine... Chez les jeunes.

En réponse à la crise, l'Europe a décidé de surveiller de près le niveau de chômage des jeunes. Au Luxembourg, il est passé de 18 à 26% entre février et juin. C'est doublement problématique: ceux-ci peinent à entrer sur le marché du travail... Et relèguent, bien malgré eux, les seniors au second plan.

Malgré la création de milliers d'emplois chaque année au Grand-Duché, moins de la moitié des résidents âgés de 55 à 64 ont une activité, indique Eurostat.

Ce que confirme Idea: "le Grand-Duché est confronté à une forte incidence du chômage de longue durée parmi les travailleurs âgés. Près de 70% des plus de 55 ans au chômage l’étaient depuis au moins un an, contre "seulement" 40% pour les moins de 55 ans."

QUE PEUT-ON FAIRE?

Pour y mettre un terme, la Fondation Idea recommande de relancer l'économie en soutenant les entreprises face au risque de faillite. L'objectif étant de "ramener l'économie au plein-emploi", ce qui bénéficierait aux jeunes comme aux seniors.

"À côté de cela, des mesures (socio-fiscales) ciblées, notamment en faveur des travailleurs les plus à risque d’être sans emploi pendant une longue durée, sont à envisager afin de favoriser l’embauche et le maintien dans l’emploi des seniors dans le contexte pandémique."

Au-delà de ces mesures à appliquer à court-terme, c'est une "réflexion approfondie" sur le travail des seniors qu'il faut mener, soutient Idea, qui évoque une "garantie pour les seniors". Cette mesure combattrait le faible taux d'activité des plus de 55 ans, le chômage de longue durée et la "dépréciation" de leurs compétences tout en garantissant la formation et la réinsertion vers des postes de qualité.

Le but ultime serait alors de faire évoluer la culture du monde du travail en rappelant que les seniors sont une force pour l'entreprise et sont capables de travailler jusqu'à l'âge légal de la retraite.