Mercredi, au cours d'une conférence en ligne organisée par le LSAP, Franz Fayot a déclaré qu'à moyen ou long terme, il faudrait réfléchir à un tel impôt.

Il y aurait une concentration de richesses, qui seraient notamment investies dans l'immobilier, ce qui ne serait pas productif, au contraire des investissements dans les entreprises, par exemple.

Impôt sur la fortune plutôt que sur les successions

C'est l'avis du ministre de l'Economie socialiste: "Je pense qu'il faut faire une différence entre ceux qui mettent de l'argent de côté pour eux-mêmes ou pour leurs enfants, et ces fortunes, où nous entrons soudain dans des tranches ou des ordres de grandeur, où cela devient vraiment pervers. Je suis celui qui, à un moment donné, a lancé cette discussion sur l'imposition des successions, depuis je me demande, si c'est le bon impôt, s'il n'est pas préférable de réfléchir à un impôt sur la fortune, que l'on structure convenablement et intelligemment, pas comme celui, obsolète, que nous avons supprimé en 2005, mais un (impôt) qui fonctionnerait vraiment bien, là où il doit agir et qui rapporterait vraiment une recette dans les caisses de l'Etat."

FIS et stock-options

Deux autres thèmes importants en matière de justice fiscale seraient les FIS, les Fonds d'investissements spécialisés, grâce auxquels certains promoteurs et gros propriétaires fonciers neutralisent leurs charges fiscales, et les stock-options, grâce auxquelles ceux qui gagnent énormément d'argent, ne paient pas d'impôts sur une partie de leurs revenus. Là aussi, il y aurait consensus au sein du gouvernement, déclare Franz Fayot, sans préciser toutefois un calendrier.

Le ministre de l'Economie a discuté avec la présidente du Mouvement Ecologique, Blanche Weber, et avec la présidente de l'OGBL, Nora Back, sur le genre de politique nécessaire après la crise sanitaire, afin de répondre aux besoins sociaux, écologiques et économiques. Et là, la réforme et les mesures fiscales ont évidemment été abordées.

Taxe CO2

Pour la présidente du Mouvement Ecologique, Blanche Weber, la réforme fiscale serait l'occasion de poser de nouveaux jalons. Jusqu'à présent, des pistes telles qu'un impôt sur la fortune ou encore la taxation des transactions financières, n'ont pas été discutées sérieusement. Même sur la taxe CO2, la discussion se ferait attendre.

"Et là, il y a un consensus très large chez les économistes et les écologistes, pour dire, nous devons taxer la consommation de CO2, mais le faire de manière socialement juste, c'est-à-dire qu'il faut une compensation pour les revenus les plus bas, pour que ce soit équilibré socialement. Et là nous avons devant nous la discussion du niveau que doit atteindre cette taxe CO2, respectivement du niveau qu'elle doit atteindre pour être efficace."

Attention à l'effet "gilets jaunes"

Le ministre Franz Fayot a dit qu'il faudrait cependant réfléchir au moment et à la manière d'introduire une telle imposition.

"Je suis au fond d'accord qu'il faut taxer davantage la pollution, la consommation environnementale. Il faut juste faire attention, et plusieurs exemples nous l'ont montré, comme notamment les gilets jaunes en France, il faut faire attention à ce que les gens adhèrent."

Un argument, que la présidente de l'OGBL, Nora Back, peut comprendre ...

"Car c'est un impôt indirect et que cette taxe est en soi injuste, ceux avec les salaires les plus bas seront plus fortement impactés par une taxe CO2, que les salaires élevés et c'est pourquoi nous avons besoin de compensations, c'est bien que ce soit prévu, comme le dit Franz Fayot, dans le projet de loi, mais c'est vague."

On ignore par exemple, à partir de quel niveau de revenus, des efforts devront être réalisés pour compenser socialement la taxe CO2, selon Nora Back.