Le Russie annonce une percée, les États-Unis la gratuité et l'Europe prévoit des réserves... Le point sur la recherche de vaccin avec le professeur Claude Muller, expert en virologie au LIH.

Il faut généralement des années pour qu'un vaccin contre un virus soit trouvé, testé et approuvé. Dans le cas du Sars-CoV-2, les chercheurs avancent rapidement, la Russie a également annoncé cette semaine qu'elle a développé un vaccin. Cependant, les recherches se poursuivent et il existe près de 30 vaccins en phase clinique aujourd'hui dans le monde.

Six d'entre eux sont déjà dans une troisième phase, au cours de laquelle le vaccin est testé sur plusieurs milliers de personnes en bonne santé. 18 sont dans la deuxième phase où un maximum de 1.000 personnes sont testées. Parmi tous ces vaccins, certains laissent le chercheurs optimistes.

Claude Muller du Luxembourg Institute of Health et expert en virologie détaille: "Je dirais que le pays qui a administré le plus de vaccins est sûrement la Chine, puis les Allemands, puis il y a des Américains. Celui qui est le plus avancé est le fruit d'une collaboration entre Oxford et un partenaire chinois. Il y a aussi des projets en Israël et un en Inde."

Le vaccin annoncé par la Russie est décrit par le professeur Muller comme une avancée. Une parmi beaucoup d'autres: "Il y a eu une avancée lorsque le premier vaccin est entré en phase clinique 1, puis ceux en phase clinique 2. Lorsque le premier est entré en phase clinique 3, c'est une autre étape. La prochaine percée sera quand une vaccin protégera vraiment. Ce sont des percées et elles arrivent étape par étape."

Sputnik 5, le vaccin russe, utilise un adénovirus comme transporteur, ce pourquoi Claude Muller ne montre pas d'inquiétudes: "L'adénovirus est déjà utilisé en clinique dans plusieurs autres applications, par exemple sur les gènes. En fait, ils ont déjà été testés dans le cadre d'autres interventions médicales. Je ne m'inquiéterais pas trop de cela maintenant. Beaucoup de vaccins qui sont actuellement les plus développés sont également des vaccins à vecteur adénovirus."

La course est lancée et ce n'est pas seulement une course contre le virus, mais aussi une compétition entre les laboratoires pharmaceutiques des différents pays.