Certaines personnes n'auraient pas la possibilité de faire de demande de protection internationale, d'autres plus vulnérables se retrouveraient à la rue.

Selon le Lëtzebuerger Flüchtlinsrot (LFR ou Collectif Réfugiés Luxembourg en français), la situation des demandeurs de protection internationale n'est pas simple au Luxembourg.

Cette plateforme réunissant les différentes organisations impliquées dans le respect des droits des personnes qui ont dû quitter leur pays, dénonce la manière dont les réfugiés sont traités, surtout en pleine période de crise sanitaire. Les différents membres ont récolté des témoignages de différentes personnes intimidées ou découragées lors de l'introduction de leur demande de protection internationale.

De nombreuses personnes ne recevraient pas l'attestation de demande de la part de la direction de l'Immigration. Le Collectif Réfugiés rappelle que le droit d'introduire une demande de protection internationale représente une condition essentielle du droit d'asile comme fixé par la Convention de Genève ainsi que la Charte des Droits fondamentaux de l'UE.

L'administration n'a pas le droit de faire le tri parmi les demandeurs, cela équivaudrait à enlever ce droit à certaines personnes. Si des réfugiés ne peuvent pas introduire de demande, il n'ont pas non plus accès à une prise en charge de base garantie pendant la procédure.

A partir de ce mardi, des membres du Collectif Réfugiés seront présents tous les jours devant la direction de l'Immigration afin d'éclairer les personnes sur leurs droits. En outre, le collectif demande des chiffres transparents: combien de personnes se présentent et combien de personnes peuvent introduire une demande.

Le collectif était déjà intervenu auprès du ministre de l'Immigration Jean Asselborn afin de le sensibiliser à la problématique. Il a également été souligné que la présomption de minorité n'était pas respectée et que des fouilles corporelles disproportionnées étaient réalisées sur les demandeurs, deux infractions aux Droits fondamentaux. Rien n'a changé depuis le mois de janvier.

La situation s'est même aggravée pendant la crise sanitaire. Des personnes vulnérables, malades, mineurs, victimes de violences se retrouvent dans la rue sous prétexte que leur demande a été refusée. Les personnes dont la demande a été refusée étaient transférées dans des foyers par l'ONA, or ce n'est plus le cas car ces structures seraient remplies. Mais le nombre de demandes n'a jamais été aussi bas en raison de la crise liée au coronavirus.

Le Collectif Réfugiés demande l'arrêt immédiat de ces pratiques par la direction de l'Immigration.