Après avoir donné la parole aux résidents du quartier de la Gare, c'est au tour de Sonia de témoigner des problèmes qu'elle rencontre à Bonnevoie.

Sonia (prénom d'emprunt) s'est installée à Bonnevoie il y a un an après avoir vécu près de 6 ans dans le quartier de la Gare. Aujourd'hui, elle se confronte à des problèmes qu'elle pensait avoir laissé derrière elle.

"Je viens d'acheter à Bonnevoie et je peux vous dire que j'ai vite déchanté", nous confie-t-elle par téléphone. Elle décrit une situation similaire à celle que l'on nous a dépeint dans certains secteurs du quartier de la Gare.

"On retrouve des seringues et une grande quantité de déchets dans les rues. C'est même arrivé que l'on asperge notre porte d'entrée avec de l'huile" nous explique-t-elle. Des problèmes qu'elle attribue à la présence de nombreux toxicomanes et SDF dans le quartier.

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Un SDF photographié dans les rue de la capitale luxembourgeoise / © Domingos Oliveira/ RTL Luxembourg

"DES ACTES SEXUELS SUR LE PERRON"

Sonia dénonce les agressions verbales qui sont, d'après elle, récurrentes aux alentours de la salle de consommation de drogues située à la frontière entre le quartier Gare et Bonnevoie.

Elle déplore également les scènes auxquelles elle a dû assister contre son gré: "Ça m'est arrivé d'être témoin d'actes sexuels sur le perron d'une résidence du quartier."

La résidente affirme que les cambriolages sont devenus monnaie courante à Bonnevoie: "La résidence a été cambriolée toutes les semaines à la fin de l'année 2019. Pour ma part, j'ai été victime de deux cambriolages pendant cette période."

Une situation qui est devenue pénible pour Sonia qui explique qu'elle doit souvent adapter son itinéraire pour éviter les situations désagréables. Et elle n'est pas la seule à souffrir. D'après elle, les commerces locaux ne se portent pas bien et certains pourraient même avoir à mettre la clé sous la porte.

La faute à qui? Sonia estime que de nombreux problèmes originent de l'Abrigado. "Les toxicomanes ne font pas que se droguer dans le centre, ils le font aussi dehors" avance-t-elle.

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© Domingos Oliveira/RTL

Cela mène, d'après elle, à des agressions verbales, des dégradations et parfois même à des bagarres: "Mon mari a dû appeler la police pour mettre un terme à une bagarre ce qui nous a valu des commentaires désagréables les jours suivants."

Sonia admet cependant qu'en général "ils ne sont pas dangereux". Elle conçoit également que la situation pourrait être pire: "Il n'y a pas vraiment de dealers ou de prostituées dans le quartier."

"LES PROBLÈMES SONT REPOUSSÉS VERS BONNEVOIE"

Cependant, elle est convaincue que la situation empire et que "les problèmes du quartier de la Gare sont repoussés vers Bonnevoie" par la Ville de Luxembourg.

Une conséquence des mesures prises par les autorités dans les quartiers "chauds" comme la rue de Strasbourg. "On a l'impression d'être oubliés" nous confie-t-elle avant d'ajouter "on n'est pas la poubelle de la Ville de Luxembourg".

Sonia veut des mesures concrètes pour le quartier de Bonnevoie et dit être en faveur de la motion déposée par le DP et le CSV. Elle va même plus loin en évoquant une délocalisation de l'Abrigado.

"Il n'y a pas de caméras chez nous et je peux vous dire que la situation, que ce soit de jour ou de nuit, ne s'améliore pas" déclare-t-elle. Elle ajoute qu'une présence policière serait un pas en avant mais considère qu'il faudrait "que les agents soient plus sévères".

"Pendant la période de confinement, je ne vous dit pas la quantité de saletés que les toxicomanes et les SDF laissaient derrière eux" ajoute-t-elle en arguant que "c'est un manque de respect pour les résidents du quartier".

En somme, Sonia veut que des mesures soient prises dans son quartier. Elle demande à ce que les autorités ne se concentrent pas uniquement sur les problèmes qui se posent autour de la gare de peur que ceux-ci soient délocalisés à Bonnevoie.

Elle va jusqu'à promettre sur un ton de défi: "La prochaine réunion avec les dirigeants de la Ville de Luxembourg, je peux vous dire que je ne la raterai pas."

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