Ecpat est une association engagée dans la lutte contre l'exploitation sexuelle des enfants. Elle réalise régulièrement une enquête avec TNS Ilres.

Ecpat Luxembourg réalise périodiquement la même enquête avec TNS Ilres afin de pouvoir suivre l'évolution de la perception de l'exploitation sexuelle des enfants au Luxembourg.

Neuf personnes sur 10 ont déjà entendu parler d'exploitation sexuelle de mineurs à l'étranger, particulièrement dans des destinations de vacances, d'après l'étude menée par TNS Ilres et Ecpat, une enquête en ligne réalisée en août 2019 où environ un millier de personnes âgées de plus de 18 ans, ont participé.

L'ASBL Ecpat travaille à protéger les enfants de divers abus sexuels à travers le monde. Au Luxembourg aussi, l'ONG travaille à la prévention.
Pratiquement toutes les personnes interrogées connaissent les termes associés aux abus dans le cadre des voyages et du tourisme. Mais de nombreux termes ne sont pas utilisés à bon escient. Il faut changer de sémantique, selon Thomas Kauffmann, le directeur d'Ecpat:

"Lorsque je dis pornographie des enfants, «Kinderpornographie», je dis fondamentalement, c'est une branche de la pornographie. Quand je dis «Sexturismus mit Kindern», je dis c'est cool, il y a une forme de tourisme sexuel qui se fait avec des enfants. C'est justement ça qu'on aimerait voir disparaître. Parce que dans la tête des gens on se dit, ce n'est pas fondamentalement grave. Mais si on dit exploitation sexuelle des enfants dans le cadre du voyage et du tourisme ou si on dit que c'est des images et du matériel d'abus sexuels sur enfants, on replace ce que c'est vraiment et on dit oui, c'est un crime."

Ce qui est alarmant, c'est que 41% des personnes interrogées estiment que des ressortissants luxembourgeois ont déjà participé à de telles agressions. Mais tous les auteurs de tels faits n'ont pas nécessairement des tendances pédophiles.

Thomas Kauffmann: "La majeure partie des clients de la prostitution qui implique des enfants ne sont pas des pédophiles, la majeure partie, en fait, sont des touristes. On appelle ça des abuseurs potentiels. Ce sont des personnes qui partent non pas dans l'esprit d'abuser des enfants mais qui, une fois sur le terrain, sont confrontées à une offre et y répondent."

Parmi ceux qui ont déjà été témoins d'un cas d'exploitation sexuelle, 44% ignoraient à qui ils devaient le signaler et 15% ont dit qu'ils n'avaient rien fait parce que cela ne les concernait pas.

10% des personnes interrogées ont déjà été par hasard en contact avec des images d’abus sexuels d’enfants. Parmi ceux-ci, 38% n'ont rien entrepris.

Autre résultat choquant de l'étude: 57% des interrogés pensent que les jeunes de moins de 18 ans envoient des photos sur lesquelles ils sont nus (ou d’autres personnes) à d’autres jeunes du même âge et 48% sont d'avis que ce sont surtout les jeunes âgés de 13 à 15 ans qui le feraient.

Enfin 92% des sondés trouvent qu'il faut prendre davantage de mesures pour renforcer la législation sur la protection des enfants.

"Dans le cadre de notre travail avec le ministère de l'Education nationale, nous essayons de mettre en place de telles procédures, de faire une formation des enseignants. Donc nous commençons au niveau du primaire pour le moment. C'est quelque-chose que nous aimerions développer avec le ministère."