Ce n'est pas tous les jours que l'ensemble de l'opposition parlementaire se présente en rangs serrés devant la presse.

Les quatre partis d'opposition représentés à la Chambre en ont assez. Ils ne veulent plus avancer dans le noir quand il s'agit de la crise du coronavirus au Luxembourg.

Lors d'une conférence de presse commune mercredi midi, les partis de l'opposition - CSV, ADR, déi Lénk et Pirates - ont réclamé au gouvernement des chiffres concrets, fiables et transparents sur la situation des infections au Grand-Duché.

La colère gronde dans l'opposition parlementaire.

Pas plus tard que la semaine dernière, les députés ont voté à l'unanimité une motion afin de toujours recevoir en même temps que le gouvernement toutes les simulations et les modélisations autour du virus.

Un principe qui n'aurait pas été respecté, selon la présidente du groupe parlementaire CSV, Martine Hansen: "Nous devons en permanence supplier (pour avoir) les informations et quand nous les obtenons, elles ne sont même pas cohérentes ni claires. Il est grand temps qu'il y ait de la transparence dans ce dossier, car nos chiffres d'infections sont actuellement vraiment dramatiques. Et pour cela, nous avons besoin de solutions."

Trop de questions en suspens

L'opposition voudrait coopérer, mais pas sans chiffres. Beaucoup trop de questions sont en suspens, selon Marc Baum, député des Lénk, par exemple au niveau des fameux clusters d'infections.

"La ministre et le Premier ministre répètent sans arrêt: les principaux clusters sont dans la sphère privée. Mais nous ne pouvons pas l'accepter, parce que nous n'avons pas de chiffres. Quelle est la situation avec les clusters éventuels dans le monde du travail ou dans le secteur Horesca? Là, nous ne savons rien à l'exception des déclarations orales de la ministre „là, ce n'est pas aussi grave que dans la sphère privée.“

"Où en sommes-nous maintenant?", s'interrogent les quatre partis. Evidemment en pensant à jeudi, le jour où l'extension de la loi Covid doit être votée à la Chambre.

"Ce qui nous intéresse, c'est: nous avons cette loi rédigée sur base de chiffres d'il y a deux, trois semaines. Ces données sont-elles encore fiables, sur base de cette voie qui a été esquissée il y a trois semaines?"

La transparence pour mettre un terme aux rumeurs

Le député ADR Gast Gibéryen en a aussi assez. Il a le sentiment que le gouvernement pense toujours que le pays est en état de crise et qu'il peut pour cela laisser le Parlement de côté.

"Ca suffit maintenant. En tant que Parlement, nous aimerions avoir toutes les informations dont nous avons besoin. La Chambre est le premier pouvoir du pays et le Parlement, qui doit à présent décider de ces lois, a besoin aussi de toutes les informations nécessaires. Si ce n'est pas le cas, il y aura une période difficile au Parlement. Si le gouvernement ne dit pas d'où viennent ces clusters, il n'y aura plus de limites aux rumeurs."

Et cela, le gouvernement devrait l'éviter à tout prix. Les quatre partis d'opposition se sont aussi dit prêts à travailler à de nouvelles adaptations de la loi pendant tout l'été si nécessaire, mais alors avec des données transparentes.