Notre pays se trouve face à une deuxième vague d'infections Covid-19, écrit le directeur de la Santé dans une lettre-circulaire adressée mercredi aux médecins.

"Le sentiment de sécurité retrouvée conduit malheureusement de nombreuses personnes à ne plus respecter les consignes de distanciation physique et les gestes barrières," constate le Docteur Jean-Claude Schmit dans le préambule de la circulaire.

L'évolution actuelle des infections n'est pas exponentielle comme début mars, mais plutôt linéaire. Les prochains jours vont indiquer si les mesures actuelles suffisent ou si des restrictions plus sévères sont nécessaires.

Record européen des nouvelles infections

Le Luxembourg est à présent le pays européen qui compte le plus de nouvelles infections par jour et par unité de population. Cela tient notamment à trois facteurs. Le Grand-Duché comptabilise les frontaliers testés positifs au Covid-19 dans ses statistiques et ceux-ci représentent environ 18% des diagnostics.

Par ailleurs, 12% des diagnostics proviennent du dépistage à grande échelle ("large scale testing"), qui a pour but de détecter les patients asymptomatiques, vecteurs du virus. Enfin, le Luxembourg offre un accès facile aux tests au moindre symptôme de coronavirus. Dans d'autres pays, les cas légers ne sont jamais testés.

Cela pénalise malheureusement le Grand-Duché dans les statistiques européennes comparatives et provoque des restrictions de voyage.

La deuxième vague est cependant bien réelle. Le nombre de cas symptomatiques constatés par les généralistes en consultation a augmenté et les hospitalisations sont en hausse - 47 personnes, selon le bilan du 14 juillet.

L'équipe en charge du Contact Tracing (le traçage de contacts) effectue un travail énorme. "Depuis la reprise du contact tracing en fin de confinement, nous avons mis 1.150 personnes infectées en isolement et 6.618 personnes à haut risque d’infection en quarantaine, interrompant autant de chaînes de contamination possibles," précise le Docteur Jean-Paul Schmit dans sa circulaire aux médecins. Il signale aussi qu'il y a des cas de non-respect de quarantaine ou d'isolement.

Moyenne d'âge des nouvelles infections: 35 ans

La nouvelle vague d'infections concerne plutôt de jeunes adultes, avec une moyenne d'âge de 35 ans. Lors de la première vague, la moyenne d'âge était de 46 ans, ce qui expliquerait aussi le faible nombre d'hospitalisations en ce moment.

Les contacts placés en quarantaine sont aussi des personnes plutôt jeunes, avec seulement 5% de plus de 60 ans. "Une personne âgée vient de mourir cependant des suites de son infection," est-il précisé dans la circulaire.

Les infections ont souvent lieu en "cluster", c'est-à-dire au moins trois cas dans un même lieu, sans la preuve d'une chaîne de transmission. Certains clusters concernent plusieurs dizaines de personnes: fêtes et soirées, colocations, foyers d'accueil, institutions de séjours, entreprises et écoles.

La cellule de crise interne à la Santé a été réactivée

Les médecins ont également constaté une forte augmentation de demandes de tests pour des personnes ne présentant pas de symptômes. Le Directeur de la Santé rappelle que les laboratoires ont beaucoup de travail et que les personnes vraiment malades ne peuvent pas être négligées, elles sont prioritaires.

Certains Etats réclament à présent un test négatif récent pour y voyager en évitant une quarantaine. Ces cas ne doivent pas passer par un médecin et leur coût ne doit pas être supporté par la Caisse nationale de Santé. Ceux qui veulent partir en vacances, doivent contacter un laboratoire et payer eux-mêmes le test.

Le Docteur Jean-Claude Schmit, ajoute encore que le ministère et la Direction de la Santé ont réactivé leur cellule de crise interne. Les différents acteurs du secteur seront prochainement contactés afin de discuter de l'organisation du système de soins pendant cette deuxième vague.