"C'est la faute des frontaliers", "la hausse est due aux tests à grande échelle", "les infections ont lieu à l'école": les chiffres démentent chacune de ces théories. Explications.

"C'EST LA FAUTE DES FRONTALIERS"

C'est une théorie qui revient à chaque fois que les chiffres repartent à la hausse. Mercredi, nous en avons eu le cœur net lorsqu'une circulaire de la Direction de la Santé a fuité.

Cette circulaire, datée du 15 juillet 2020, situe la part des frontaliers dans les diagnostics positifs au coronavirus à approximativement 18%.

La semaine dernière, cette part a même baissé d'après le ministère de la Santé qui l'estimait à 11,2%.

© Ministère de la Santé

Si ces chiffres ne sont pas négligeables (entre 1 et 2 infections sur 10), ils ne sont pas déterminants au moment d'évaluer la hausse des infections qui a été observée au Luxembourg ces dernières semaines.

"LA HAUSSE EST DUE AUX TESTS À GRANDE ÉCHELLE"

Nous sommes désolé de vous décevoir mais ce n'est pas vrai. La source la plus récente dont nous disposons reste la circulaire qui a fuité mercredi et elle confirme que seuls 12% des cas positifs ont été révélés via les "large scale testing".

Cela représente donc un peu plus qu'une personne sur dix dont l'infection a été révélée lors de ces tests à grande échelle. Rappelons que cette stratégie vise surtout à repérer les cas asymptomatiques vu que les personnes qui présentent des symptômes sont pris en charge autrement (hôpital, quarantaine etc...).

"LA MAJORITÉ DES INFECTIONS ONT LIEU À L'ECOLE"

S'il a été établi que de nombreux cas ont été repérés dans les écoles, ils représentent toujours un pourcentage assez faible des nouvelles infections.

On peut se baser sur les chiffres qui nous ont été fournis par le ministère de l'Education en début de semaine :"60 élèves sur un total de 90.000 ont été testés positivement" et 7 enseignants (fondamental et secondaire compris).

On peut également se tourner vers la moyenne d'âge des nouveaux infectés qui est certes tombée mais qui reste à 35 ans contre 46 ans lors de la première vague. C'est bien loin de la moyenne d'âge à laquelle on devrait s'attendre si les écoles étaient à l'origine de la nouvelle vague.

LE VIRUS SE PROPAGE DANS LES BARS

En ce qui concerne ce point précis, on ne peut que se fier aux déclarations récentes de la ministre de la Santé qui a encore rappelé mercredi qu'il serait très difficile d'établir des chiffres exacts en ce sens.

Si vous avez suivi ce que Mme Lenert a avancé ces dernières semaines, vous saurez qu'elle a répété plusieurs fois que la majorité des nouveaux cas avaient été infectés lors d'événements privés comme des fêtes d'anniversaire ou des barbecues.

Ce n'est donc pas nécessairement dans les bars, dans les restaurants ou dans les commerces que les contagions ont lieu.