Alors que la polémique bat son plein, des résidents du quartier de la Gare ont accepté de témoigner pour nous faire part de leurs angoisses mais aussi de ce qu'ils aiment dans ce quartier. Aujourd'hui, c'est Claude Neu qui se confie.

Claude Neu a emménagé dans le quartier de la Gare il y a un an, après avoir vécu à proximité du parc de Merl pendant des décennies. Une transition qu'il vit bien. "J'avais vraiment très envie d'aller vivre dans ce quartier" nous confie-t-il.

Retraité qui se décrit comme "un homme qui sourit beaucoup", il nous livre une toute autre image de celle que l'on se fait habituellement du quartier de la Gare. "C'est un quartier très vivant où tout est à portée de main" décrit-il.

Le sexagénaire transmet une image très positive du quartier qui est si souvent critiqué. "Quand on se balade dans les rues du centre-ville après 20h, il n'y a plus un chat alors qu'à la Gare, c'est comme à New York", sourit-il.

"CE QUI VA AVEC"

Et quand on le confronte aux problématiques récurrentes comme les trafics de drogues, la prostitution ou la mendicité organisée, il déclare simplement qu'il vit dans une ville et qu'il accepte "ce qui va avec".

Claude Neu ne nie pas la présence de dealers et de prostituées dans certaines rues du quartier mais ça ne le dérange pas. À ses yeux, la polémique est "un peu exagérée".

"Les dealers qui vous approchent, ça n'arrive pas si souvent que ça et quand ils le font, ils sont toujours respectueux" affirme-t-il en suggérant que son sourire et sa bonne humeur pourraient y être pour quelque chose.

Quant à la présence de prostituées dans les rues, il ne considère pas ça comme un problème: "Je ne pense pas qu'un enfant voit une prostituée dans la rue et qu'il devine ce qu'elle fait de ses nuits."

Enfin, pour ce qui est des SDF ou des toxicomanes, il admet qu'il arrive souvent que certains se réfugient dans les caves des résidences "mais ça, c'est la faute aux personnes qui ne ferment pas les portes".

"C'EST DIFFÉRENT POUR UNE MÈRE DE FAMILLE"

S'il rationalise beaucoup, Claude Neu n'est pas dupe. Il sait que le fait de vivre dans un secteur "un peu plus protégé" du quartier fait de lui "un privilégié" et il reconnaît "que ça doit être différent pour une mère de famille". Il évoque des "remarques déplacées" et un certain sentiment d'insécurité auquel, lui, en tant qu'homme célibataire "sans famille sur place" n'a pas à se confronter.

C'est pourquoi il recommande que la présence policière soit renforcée de manière permanente dans les zones qui posent problème "et pas juste deux ou trois jours après les réunions de résidents". Parce que d'après lui, "les policiers se montrent pendant quelques jours dans le quartier puis ils disparaissent".

Il ajoute qu'il "faudrait faire attention autour des écoles et des lycées" pour éviter que des adolescents soient accostés par des dealers et qu'on puisse leur proposer des drogues.

L'idéal pour Claude Neu serait de créer une brigade spéciale qui "veillerait au maintien de l'ordre" sans arriver aux extrêmes, "des gentils quoi" conclut-il un sourire aux lèvres.

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