A Hamm, au siège de l'Inspection sanitaire, la cellule "Contact Tracing" regroupe une soixantaine de personnes chargées de rechercher les contacts des personnes infectées.

Toute personne testée positive au Covid-19, est appelée le jour même. Cela peut être tard le soir ou même le dimanche. La personne est informée et ensuite, des questions lui sont posées à plusieurs reprises, afin de s'assurer qu'elle a bien compris ce qui est important pour découvrir qui elle pourrait avoir infecté.

Le traçage de contacts ou "contact tracing" consiste à découvrir tous ceux avec qui une personne infectée a été en contact et qu'elle pourrait avoir potentiellement contaminés. Il s'agit d'informations que la personne infectée fournit de son plein gré, elle peut d'ailleurs rester anonyme.

Il est relativement simple de retracer les contacts à l'école ou au travail. Là, ce sont toujours les mêmes personnes qui sont en contact et les noms et les coordonnées sont connus. C'est beaucoup plus compliqué pour les contacts dans des bars ou des fêtes: les gens ne savent pas qui étaient les participants à ces soirées, ils ne se souviennent plus précisément avec qui ils ont parlé, à côté de qui ils étaient assis ...

Quant aux sociétés, elles craignent souvent que les autorités veuillent fermer toute l'entreprise. La Direction de la Santé souhaite uniquement mettre en quarantaine les concernés afin que l'on n'en n'arrive pas là.

Près de 300 entretiens de contacts sont actuellement menés chaque jour. Les membres de la cellule téléphonent donc à des personnes qui ne présentent pas nécessairement de symptômes du coronavirus et à qui il faut expliquer qu'elles doivent s'isoler jusqu'à ce qu'elle soient testées. Le facteur essentiel est le temps: une personne contaminée par le virus, n'est elle-même contagieuse que trois à cinq jours plus tard. Si on intervient avant, la chaîne de transmission est rompue.

40 à 50% des personnes infectées ont été retracées, c'est-à-dire qu'elles ont été identifiées comme contacts. Si elles sont alors restées à la maison, elles n'ont plus pu en contaminer d'autres.

La question de savoir si une application de traçage pourrait aider, est complexe. Celles qui ont été efficaces en Asie, par exemple en Corée du Sud, ne sont guère socialement acceptables ou juridiquement défendables ici. Mais il ne s'agit pas seulement de protection des données ou de sphère privée. Une application ne peut pas expliquer ou rassurer, elle ne peut pas non plus prendre en compte des situations individuelles, or, c'est essentiel quand il s'agit d'un sujet aussi sensible que la quarantaine.