Si le Luxembourg peut être considéré comme un pionnier dans certains domaines, il a encore des choses à apprendre en termes de sécurité routière. Découvrez le premier épisode de notre série "Luxembourg, prends-en de la graine".

La sécurité routière est une problématique majeure au Luxembourg. Non seulement parce que les chiffres de la mortalité inquiètent mais également parce que le pays se confronte à un engorgement de plus en plus important des routes.

Dans son dernier rapport, la Commission européenne a indiqué qu'avec 60 morts par million d'habitants, les chiffres de la sécurité routière s'étaient "détériorés" au Luxembourg. Et cela lors d'une année (2018) où tous les indicateurs étaient à la baisse dans l'Union européenne.

Le Grand-Duché faisait donc partie des mauvais élèves en matière de sécurité routière dans l'UE contrairement au Danemark qui faisait bonne figure avec une moyenne de 30 morts par million d'habitants. De quoi remettre en question les mesures mises en place par le gouvernement luxembourgeois en matière de sécurité routière ces dernières années.

PLUS VITE NE SIGNIFIE PAS PLUS DE MORTS

En effet, alors que le Luxembourg misait sur les contrôles de vitesse et l'installation de nouveaux radars, le Danemark testait la hausse des limitations de vitesse. Résultat: le taux de mortalité était deux fois plus haut au Grand-Duché que chez les Danois en 2018.

Cependant, une baisse significative a été observée durant l'année 2019: "seulement" 22 morts sur nos routes. Une baisse qui s'explique par la taille du pays d'après les experts de la Commission européenne. "Les chiffres fluctuent énormément d'une année à l'autre dans les petits pays", peut-on lire dans la dernière étude sur la sécurité routière européenne.

Pour sa part, "40 millions d'automobilistes" loue les décisions prises par les autorités danoises: "Ils ont fait le choix d'investir dans la pose de nombreuses glissières de sécurité, le doublement systématique des panneaux de limitation de vitesse de chaque côté de la route et encadrent la trajectoire des usagers par des bandes d'alerte audio-tactiles qui préviennent des sorties de routes dues à l'hypovigilance."

Tout cela encadré par une infrastructure routière que l'association décrit comme "exemplaire". De quoi faire rêver tout automobiliste inquiet. Mais lorsqu'on se penche sur le plan d'action détaillé par la Sécurité routière au mois de mai dernier, on constate que certaines de ces mesures avaient été annoncées au Grand-Duché. Le Luxembourg se serait-il inspiré du modèle danois?

TOUJOURS PLUS DE RADARS

La stratégie baptisée "Vision Zéro" prévoit de rendre les infrastructures routières plus sûres, d'aménager les zones limitées à 30 km/h qui en ont besoin et promeut les systèmes d'assistance à la conduite. Cependant, un volet qui n'est pas du tout aussi présent dans le système danois semble prendre de l'importance au Luxembourg.

D'après ce plan, la Sécurité routière veut continuer à investir dans les radars en introduisant par exemple les radars aux feux rouges, dans les tunnels autoroutiers ou encore sur les tronçons dangereux. Une bonne nouvelle pour les adeptes de la "radarothérapie" qui pensent sans doute que la baisse récente des accidents mortels est due à l'installation de ces dispositifs sur le bord de nos routes.

En réalité, les chiffres leur donneront tort. En effet, une importante baisse des accidents mortels a été observée dès l'an 2000 et donc bien avant l'installation des radars fixes (2016). Les chiffres ont ensuite  connu plusieurs hausses ponctuelles entre 2009 et 2013.

© Sécurité routière

Et si depuis 2016, une baisse des accidents mortels a bel et bien été observée, le constat inverse peut être fait pour les accidents graves. L'efficacité des radars peut donc bien être remise en cause.

En attendant, les chiffres de la mortalité routière ne sont pas rassurants au Luxembourg. En effet, 17 personnes ont perdu la vie sur nos routes cette année et ce, malgré la crise sanitaire qui a fortement réduit le trafic routier pendant plus de deux mois...