Le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel a durci le ton, ce mercredi, en indiquant que des obligations, et non plus des recommandations, vont devoir être respectées lors de fêtes réunissant plus de 20 personnes.

L'augmentation du nombre d'infections au Luxembourg ces derniers jours appelait une réaction de la part du gouvernement. Celle-ci est intervenue ce mercredi, alors que l'on dénombre 46 nouveaux cas positifs sur 5.160 tests. Avec 16 personnes hospitalisées plus deux en soins intensifs, ce n'est pas "alarmant" mais "on doit éviter que la situation ne dégénère", a affirmé en préambule de son allocution du jour, Xavier Bettel, le Premier ministre.

Celui-ci a rappelé que des fêtes ont été interrompues pour non respect des gestes barrières, soulignant au passage que 440 contrôles de police ont été effectués et dix PV dressées. "Des rave-party ont été interrompues également", or, "il ne faut pas que tous les efforts faits pendant des mois, l'aient été faits pour rien" a martelé Xavier Bettel.

Le Premier ministre ne cible donc pas les "commerces, les restaurants et les écoles, où les gestes barrières sont respectés et où il n'y a pas de gros problèmes", mais les rassemblements dans les rues, devant un café ou en soirée. "Il faut arrêter les soirées de 50 ou 100 personnes où il est impossible de respecter la distanciation sociale".

DES OBLIGATIONS, ET NON DES RECOMMANDATIONS

Le gouvernement va donc "travailler sur un nouveau texte", afin d'émettre des obligations et non plus seulement des recommandations concernant les événements de plus de 20 personnes, "car les gestes barrières dans la sphère privée ne sont pas respectés" a annoncé Xavier Bettel. "Cela a été accepté par le Conseil d'Etat."

Célébrer un mariage ou un anniversaire est toujours possible, a-t-il souligné, mais pas sans respecter des gestes barrières. Face au relâchement constaté en ville, le Premier ministre a encore rappelé que le masque était obligatoire dans les transports publics.

Pour continuer d'organiser son "tracing", la direction de la santé va pouvoir compter sur plus de moyens, notamment humains.

De son côté, la ministre de la santé Paulette Lenert, qui a souligné les 146 infections relevées en une semaine, "un chiffre considérable", a indiqué que plusieurs clusters ont été identifiés: l'un concernant 24 personnes infectées lors d'une seule et unique soirée (soit le plus important), d'autres dans des entreprises où 5 et 10 personnes ont été testées positives au virus. "On retrace encore les contacts", ceci étant "ces infections n'ont pas eu lieu dans les sociétés mais lors de soirées, lors d'un barbecue ou d'autres fêtes de famille. Cela montre à quel point on peut rapporter le virus de l'extérieur vers l'intérieur" a relevé la ministre de la santé. Quatre cas repérés dans une école sont "tout à fait gérables", comme ceux repérés à l'aéroport, proches de 30: "le tracing est efficace".

Un serveur "a été en contact avec une cinquantaine de personnes", un photographe "a eu de nombreux contacts également". La moyenne d'âge de ces nouveaux malades a considérablement baissé et avoisine la trentaine d'années. "Pendant l'été, on va encore insister sur les gestes barrières."

La ministre a indiqué que le gouvernement allait concentrer son travail sur quatre axes à partir du mois d'août:

  • les groupes critiques: personnes vulnérables et le personnel de la santé;
  • les personnes qui entrent dans le pays, notamment au Findel;
  • continuer les tests par échantillons, la répartition de la population en petits groupes afin d'avoir un aperçu général des infections;
  • les clusters d'urgence, qui nécessitent une intervention immédiate pour rompre la chaîne d'infections.

15% de la population a été testé lors de la première phase. Le matériel des tests sera éventuellement amené à changer. "Pour la 2e phase, on va agir de manière plus ciblée jusqu'à février 2021."