Le nombre d'infections au Covid-19 repart à la hausse au Luxembourg, la ministre de la Santé fait le point.

Les autorités sanitaires ont annoncé 22 nouvelles infections vendredi soir au Luxembourg, sur environ 5.700 tests réalisés. Le nombre d'infections actives passe à 85 et 14 personnes sont actuellement hospitalisées dont une en soins intensifs. Plus aucun décès n'a été signalé depuis plus d'un mois et le taux de reproduction du virus est à 0,94, donc toujours en dessous de la valeur 1 ce qui est plutôt rassurant...

Malgré le nombre des nouvelles infections qui augmente depuis quelques jours, on ne peut pas parler d'une véritable tendance, selon Paulette Lenert, ministre de la Santé dans une interview accordée à RTL. Selon elle, il est encore trop tôt pour confirmer que le Luxembourg se trouve juste avant le début d'une deuxième vague. Une telle annonce serait justifiée, ou non, après analyse de l'évolution de la situation dans les prochains jours, même si certaines régions en Europe sont victimes d'importantes hausses d'infections.

"Malgré cette tendance européenne qui repart légèrement à la hausse un peu partout, la situation au Luxembourg ne nous permet pas d'affirmer que nous avons enclenché une deuxième vague. Ces nouvelles infections chez nous seraient plutôt la conséquence d'un événement d'envergure organisé en dehors du cadre réglementaire", selon la ministre. Une fête de famille réunissant plusieurs dizaines de personnes au même endroit a été organisée juste avant la fête des mères. Un événement illégal, qui expliquerait donc en partie cette hausse des infections momentanée, que l'on pourrait clairement considérer comme "foyer" au Luxembourg.

Le risque d'infection est toujours élevé, il n'est donc pas question de faire preuve de moins de vigilance ou de prendre les mesures de sécurité à la légère, même en plein déconfinement alors que l'état de crise a pris fin cette semaine.

Paulette Lenert en appelle encore à la responsabilité de tous les citoyens.

Le déconfinement est un signe de retour à plus de normalité mais toujours dans un contexte bien particulier et dangereux.

"Si toute la société était capable, chacun de son côté, de respecter les gestes barrières, nous ne devrions pas avoir peur d'une éventuelle deuxième vague, mais il en va de la responsabilité de chacun"

Des réunions comme celle organisée il y a quelques semaines sont l'exemple type de ce qu'il ne faut surtout pas faire: aucune observation de la distanciation physique, sans faire attention aux personnes présentes et donc sans la possibilité de pouvoir retracer l'itinéraire du virus afin d'en limiter la propagation. Certains invités parlent de 50 convives, d'autres ont avancé le nombre de 70 personnes... difficile donc de faire un travail correct par après afin de contacter et d'identifier les personnes potentiellement exposées au virus.

En revanche, un bon traçage efficace d'autres infections a été lui possible lors d'une contamination survenue sur le lieu de travail des patients. Une situation maîtrisable également à l'école où quelques cas d'élèves positifs et leurs camarades ont rapidement pu être identifiés et traités.

Selon la ministre socialiste, le nombre des infections va encore augmenter ces prochains jours. Elle précise que depuis le mois d'avril, 55 pourcents des personnes infectées présentaient effectivement les symptômes typiques d'une telle infection au nouveau coronavirus, une tendance constante. Les autres patients positifs ont été détectés grâce au dépistage à grande échelle en cours depuis plusieurs jours au Luxembourg.