Luxembourg met en place sa stratégie de tests à grande échelle pour permettre un déconfinement serein et éviter une deuxième vague d'infections.

Après avoir été un des pays qui teste le plus largement sa population, le Luxembourg poursuit sa politique et lance un programme de tests à large échelle qui remplit un double objectif. Il s'agit d'abord de poursuivre les phases de déconfinement en toute sécurité. "Identifier les cas positifs nous permettra de briser les chaînes d'infection, pour une relance sûre notre vie quotidienne et pour retrouver notre liberté", détaille Paul Wilmes, le porte-parole de la taskforce COVID-19 Research Luxembourg.

L'autre objectif est à des fins de recherche pour mieux comprendre le virus, son comportement et les moyens d'endiguer sa propagation.

Les tests à grande échelle seront organisés entre le 25 mai et le 28 juillet, à travers 17 stations en drive-in, ou piétons ou cyclistes. Les horaires ne seront pas toujours les mêmes en fonction des besoins sur une région par exemple. Le but est d'arriver à 20.000 tests par jour.

Les résidents et les frontaliers seront invités par courrier. Les personnes seront testées sur base volontaire. "C'est une invitation, pas une convocation", explique Claude Meisch qui y voit cependant "un geste de solidarité nationale, pas seulement pour avoir des informations sur soi-même".

Les tests sont organisés pour trois groupes, avec chaque semaine des échantillons spécifiques dans chaque groupe:

  • Les groupes qui sont professionnellement les plus exposés au virus et qui sont en contact avec de nombreuses autres personnes. Il s'agit des professionnels de santé, les coiffeurs et les esthéticiennes, mais aussi les policiers, le personnel des garderies d'enfants, le personnel du secteur de l'horeca dès sa réouverture, etc. Ce groupe est invité à être testé toutes les deux semaines.
  • Les groupes qui ont déjà repris leur travail ou pour lesquels les restrictions initiales seront levées dans les semaines à venir. Au sein de ces plus grands groupes, de petits sous-groupes représentatifs seront testés dans les prochaines semaines. Les résultats de ces sous-groupes peuvent être considérés comme un signal d'alerte, car ils permettent de détecter rapidement toute nouvelle recrudescence de la propagation du virus. 

  • Enfin, des échantillons représentatifs de l'ensemble de la population luxembourgeoise, y compris les travailleurs frontaliers, seront testés chaque semaine. Cela facilitera la détection précoce des foyers d'infection dans des régions ou des secteurs d'activité spécifiques.

Les invitations arriveront par courrier. Les personnes concernées prendront un rendez-vous pour éviter trop de monde en même temps. Le test se fera avec un frottis dans la gorge.

Les résultats seront envoyés au plus tard deux jours plus tard par SMS. Les personnes positives seront contactées par l'Inspection sanitaire pour se mettre en quarantaine et se voir expliquer les mesures à prendre. Un suivi sera effectué pour s'assurer du respect de l'isolement.

Le tracing (retracement) des personnes avec qui les personnes positives ont été "en contact étroit" est fait manuellement. Les directives européennes en la matière précisent la notion de contact étroit. Il s'agit d'être plus proche de 1,5 m pendant plus de 15 minutes.

"Si les gestes-barrières sont respectés, il y aura peu de personnes avec qui les personnes infectées auront eux un contact étroit," conclut la ministre de la Santé.