Le Luxembourg est plus que jamais une terre d'immigration. Mais depuis quelques années, les principaux arrivants ne viennent plus forcément du sud de l'Europe.

Le Luxembourg a besoin de résidents et de travailleurs, ce n'est pas un secret. D'après les estimations du Liser (publiées en septembre 2019, longtemps avant la crise sanitaire) le marché du travail aura besoin de 10.000 travailleurs étrangers par an sur les dix prochaines afin de répondre à la demande des entreprises. Une partie de cette demande est comblée par le recrutement de nouveaux frontaliers. L'autre partie, par de nouveaux résidents.

Ce magnétisme opéré par le marché du travail - ainsi que l'installation pour retrouver sa famille - a des effets très directs sur la population luxembourgeoise. Sur les dix dernières années, la croissance de la population du Luxembourg est due "à un peu plus de 80% aux migrations".

Après avoir représenté une part essentielle des nouveaux résidents entre les années 70 et les années 2000, la migration portugaise a marqué le pas aux débuts des années 2010. "Depuis 2014, le solde migratoire des Français est supérieur à celui des Portugais et les ressortissants français constituent, de nos jours, la première nationalité parmi les migrants" note le Statec. En 2019, les Français représentaient 14,8% de ces nouveaux arrivants, contre 9.2% et 8.9% pour les Portugais et les Italiens.

Le Statec note toutefois que la nationalité des nouveaux arrivants s'est fortement diversifiée: Français, Italiens et Portugais représentaient 59,7% des migrants en 1990, contre 32,9% en 2019. L'Inde, la Roumanie, l'Erythrée (principalement des demandes d'asile) ou encore le Brésil figurent parmi les nouveaux pays de provenance les plus fréquents.

Ces nouveaux résidents sont globalement jeunes: ils sont, en moyenne, âgés de 30 ans. Et 72.2% des immigrants ont entre 18 et 50 ans. Ils sont en âge de travailler. "La majorité d’entre eux vient au Luxembourg pour travailler ou vivre avec la famille" confirme le Statec. Et puisque 12% des nouveaux arrivants ont moins de 10 ans, cela indique que beaucoup sont accompagnés de leurs enfants. Néanmoins le Statec avance une donnée encourageante sur leur intégration: les résidents en âge de prendre leur retraite sont moins de 5% à quitter le Luxembourg, signe que "pour une majorité d’entre eux, ils décident de rester vivre au Grand-Duché une fois la vie professionnelle terminée".