Si le salaire attire la majorité des frontaliers du Luxembourg, une étude montre que l'adéquation entre travail et niveau d'études est aussi une raison très forte à leur présence.

Ce n'est pas une surprise mais une confirmation: le récent sondage "Vivre ensemble au Luxembourg", réalisé en janvier par l'ASTI (Association de Soutien aux Travailleurs Immigrés) avec TNS/Ilres, et divulgué cette semaine, montre que le niveau de salaire proposé par le Luxembourg demeure son argument le plus fort aux yeux des travailleurs frontaliers.

Ainsi, un tiers (32%) des 500 personnes interrogées l'ont cité comme la raison la plus importante. La question "quelles sont les raisons qui vous ont poussé à venir travailler au Luxembourg ?" étant à choix multiples, les autres ont pu citer également le niveau des salaires, mais en deuxième ou troisième choix...

LES TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION EN TÊTE

Parmi ces frontaliers attirés en premier lieu par l'argent, on retrouve à hauteur de 88% des employés du secteur des technologies de l'information (IT). Les jeunes sont largement majoritaires: 82% des personnes plaçant le niveau de salaire en tête de leurs motivations font parties de la tranche d'âge 18-34 ans. Les trois quarts (77%) sont originaires de la région frontalière.

Mais une autre raison se détache largement de toutes les autres pour les frontaliers: trouver au Luxembourg un travail correspondant à leurs propres qualifications. Si cet argument arrive après le niveau des salaires sur le total des réponses, 21% des répondants le considèrent néanmoins comme le plus important. Parmi tous les frontaliers ayant trouvé au Luxembourg l'emploi auquel ils aspiraient, on trouve 67% d'employés du secteur des finances et de l'audit, et 58% ayant un diplôme d’études supérieures.

ABSENCE DE TRAVAIL DANS LE PAYS D'ORIGINE

L'absence de travail dans le pays ou la région d'origine de ces frontaliers est la troisième raison invoquée: cela concerne une fois encore, en priorité, les employés du secteur de l’IT (59%). Deux tiers de ces travailleurs, jadis en manque d'emploi, se sont présentés au Luxembourg sans diplômes d'études supérieures.

"Les jeunes frontaliers avancent plutôt des motifs matériels quant aux raisons de venir travailler au Luxembourg : meilleurs salaires, perspectives d’emploi plus intéressantes, alors qu’ils disent avoir peu de contacts avec notre pays et être moins intéressés à passer leur temps libre au Luxembourg" résume l'ASTI; évoquant un point que nous détaillerons plus tard, après avoir déjà abordé le regard que les frontaliers portent sur les Luxembourgeois.

Cette étude, qui s'intéresse au ressenti des travailleurs frontaliers envers le Luxembourg et de ses habitants, a été menée sur un échantillon de 500 travailleurs frontaliers en provenance de la France (259), de la Belgique (131) et de l’Allemagne (129).